Par
Laura Bruneau
Publié le
22 août 2026 à 11h08
Ouvert depuis 1967 à Paris, le musée de la Chasse et de la Nature est pour le moins intrigant. Bien qu’il fêtera déjà son 60ème anniversaire l’an prochain, il n’en demeure pas moins assez confidentiel. Moins connu que ses voisins du 3è arrondissement de Paris, le musée Picasso et celui des Archives Nationales. Et pour cause, son contenu, en lien avec la chasse, fait l’objet de certaines critiques. Pourtant, les animaux, eux aussi empaillés (ou naturalisés) de la Grande Galerie de l’évolution du Museum d’histoire naturelle, ne sont pas autant l’objet de critiques et polémiques. Alors, quelle atmosphère règne au musée de la chasse et de la nature ? Qu’y voit-on ? Qui y croise-t-on ? actu Paris lui a payé une visite.
Un véritable cabinet de curiosités
Bien que relativement méconnu, le musée de la Chasse et de la Nature a son public. En cette matinée d’août, alors que l’établissement n’a pas encore ouvert ses portes, il y a déjà une petite trentaine de personnes qui attendent pour le découvrir. Ce cabinet de curiosités, sis dans deux hôtels particuliers, rassemble une impressionnante collection d’œuvres en rapport avec la chasse, mais aussi plus généralement autour du rapport de l’homme à l’animal. Bien évidemment, on y trouve les inévitables trophées, animaux empaillés, une impressionnante collection de fusils et autres instruments qui complètent la panoplie du chasseur.
Mais la collection de la Fondation François Sommer, propriétaire du lieu, est aussi riche de tableaux, de représentations de chiens, d’objets en bois de cervidés ou encore de porcelaines à l’effigie du gibier. Un lieu insolite, à l’atmosphère feutrée, un peu kitch, où le parquet craque sous les pieds des visiteurs. Il y règne un silence quasi religieux. Si l’on parle un peu trop fort, les gardiens rappellent à l’ordre.

Le musée de la Chasse et de la Nature dispose d’une impressionnante collection d’objets divers et variés. (©LB / actu Paris)Des gardiens particuliers
Mais, ici, les surveillants du musée ne veillent pas qu’au calme. Comme l’ensemble des collections présentées, ils ont eux aussi leur particularité. Ils connaissent très bien les collections qui les entourent. Devant cet immense ours polaire, une famille incrédule, se demande s’il s’agit d’un vrai. Un gardien confirme l’authenticité de la pièce, et en narre l’origine. À l’étage supérieur, lorsque l’on cherche des renseignements sur une pièce en particulier, c’est, une nouvelle fois, d’un gardien que provient la réponse.
Un public averti
Le musée connaît son petit succès et a su se constituer son public. Depuis 2007, il propose aussi des expositions temporaires d’art contemporain. Actuellement, c’est la plasticienne française Annette Messager qui est à l’honneur avec son exposition Une hirondelle ne fait pas le printemps. L’artiste pour qui “les peluches sont les cadavres de l’enfance” y montre de nombreuses œuvres, mettant notamment en scène des peluches, des animaux empaillés, ou encore des soutiens-gorge positionnés de façon à former une araignée. Des créations rassemblées dans la salle consacrée aux expositions temporaires, mais aussi disséminées parmi les collections permanentes.

Animaux de proie et prédateurs sont représentés dans ce musée parisien. (©LB / actu Paris)
Au détour du parcours, on croise cet ancien collaborateur de la fondation qui connaît les lieux « depuis plus de 30 ans ». Pendant les vacances scolaires, cet habitant de Versailles a décidé de faire découvrir l’endroit à ses petits-enfants qui « sont ravis, même si ce n’était pas couru d’avance ».
Devant les vingt-deux expressions d’Annette Messager, des œuvres qui mettent en forme des expressions de la langue française empruntées au champ lexical animalier, s’attardent deux amies, étrangères, venues pour cette exposition d’art contemporain. L’une est Allemande et travaille dans le milieu de l’art, l’autre est professeure aux États-Unis. Elles se sont retrouvées à Paris, pour visiter ensemble l’exposition d’Annette Messager, dans ce musée qu’elles avaient précédemment découvert ensemble. Celle venue d’outre Rhin apprécie particulièrement « le mélange entre moderne et ancien » que propose le musée.
Une référence en matière de scénographie d’expositions
Parmi les visiteurs du jour, il y a aussi Antoine. Étudiant en art, plus exactement en design d’exposition à l’École Boulle, il est venu avec sa mère. « Pas à l’aise » avec ce qui est exposé, il reconnaît que « ce musée est une référence en termes de scénographie d’exposition ». Il donne l’exemple de vieux meubles utilisés comme supports pour des mises en scène d’œuvres. Sa maman n’a pas forcément apprécié le travail d’Annette Messager, citant l’exemple de ce teckel empaillé portant un masque chirurgical, mais elle tempère : « C’est bien aussi parfois d’être bousculé, l’art c’est aussi fait pour choquer ».
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