Des policiers allemands sont déployés à Francfort, près de la frontièrepolonaise . Photo : AFP Renforcer les mesures strictes de contrôle aux frontières.
Le renforcement des contrôles stricts aux frontières a été approuvé assez rapidement par le gouvernement allemand. Cependant, il s’agit d’une question sensible, suscitant de vives controverses en Allemagne même et contredisant quelque peu la position de l’Union européenne (UE) sur la liberté de circulation.
La décision de l’Allemagne de fermer ses frontières a eu des effets mitigés, à la fois positifs et négatifs. D’un côté, elle permet de freiner efficacement l’immigration clandestine ; de l’autre, elle perturbe le marché du travail allemand. C’est un problème particulièrement préoccupant, étant donné que la première économie européenne est confrontée au vieillissement de sa population, à une pénurie de main-d’œuvre qualifiée et à un besoin crucial d’attirer des talents étrangers.
La décision de prolonger les mesures a été approuvée ; elle attend désormais l’aval de l’UE. Le ministre allemand de l’Intérieur, Alexander Dobrindt, a officiellement informé la Commission européenne de son intention de prolonger les contrôles aux frontières de six mois supplémentaires, jusqu’à mi-mars 2027.
Il est peu probable que la Commission européenne rejette la proposition, car, comme par le passé, l’Union européenne partage les préoccupations et la prudence légitimes de l’Allemagne. Si la Commission ne s’y oppose pas, les mesures de contrôle actuelles, qui expirent mi-septembre, resteront en vigueur pour une durée limitée.
Le ministre Dobrindt a exprimé sa détermination, affirmant que les récents développements complexes aux frontières européennes ont démontré que les contrôles à distance restent nécessaires pour freiner l’immigration clandestine.
La prudence n’est jamais superflue.
Des réfugiés font la queue à la gare de Passau, en Allemagne. Photo : Associated Press.
La prudence de l’Allemagne n’est pas injustifiée, étant donné qu’elle a récemment constaté de visu l’arrivée massive de 50 000 migrants marocains à Ceuta, territoire espagnol d’Afrique du Nord, en seulement 24 heures fin juillet.
Bien que la majorité de ces migrants illégaux aient été expulsés, l’incident a suscité une vive inquiétude parmi les Européens et a déclenché ce qui a été considéré comme une grave crise humanitaire. Immédiatement après, le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a été contraint d’annoncer des amendements à la loi sur l’immigration afin de renforcer les mesures d’expulsion et de lutter contre les réseaux de trafic d’êtres humains.
Il y a deux ans, l’Allemagne a instauré des contrôles de sécurité à toutes ses frontières, alors même qu’en principe les frontières intérieures de l’UE devraient rester ouvertes conformément à la libre circulation au sein de l’espace Schengen.
La décision prise à l’époque par l’ancienne ministre de l’Intérieur, Nancy Faeser, visait à limiter l’afflux d’immigrants clandestins en Allemagne. À ce jour, les contrôles aux frontières ont été renforcés à trois reprises, malgré les critiques de l’opposition et des organisations humanitaires.
Les opposants affirment que cette mesure contrevient au principe de la libre circulation au sein de l’UE, engendre un gaspillage de budget et provoque des embouteillages aux frontières. En réponse, le ministère allemand de l’Intérieur soutient que les contrôles aux frontières demeurent un outil indispensable face à la pression migratoire croissante.
Les statistiques montrent qu’en 2025, les patrouilles frontalières allemandes ont détecté près de 63 000 cas d’entrée illégale par voie terrestre, aérienne et maritime, un chiffre inférieur aux 84 000 cas recensés en 2024 et aux 130 000 en 2023. Parmi ces personnes, plus de 46 400 se sont vu refuser l’entrée ou ont été expulsées, et 2 500 ont été empêchées d’entrer en raison d’interdictions de séjour en vigueur. Les autorités allemandes ont également arrêté près de 2 000 personnes impliquées dans le trafic de migrants.
La police fédérale allemande a déclaré que l’établissement de barrières de sécurité à la frontière est absolument nécessaire, car de nombreux migrants illégaux considèrent l’Allemagne comme leur « destination de rêve ».
Les experts estiment que la prolongation de cette politique jusqu’à la mi-mars 2027 montre que la politique de « fermeture des frontières » de l’Allemagne continue d’évoluer vers un durcissement par rapport à la période antérieure à 2024. Il s’agit également d’une « voie unique » mûrement réfléchie, empruntée par le gouvernement allemand, dans un contexte où les pays de l’UE cherchent constamment à concilier liberté de circulation, contrôle de l’immigration et protection de l’espace Schengen.
BH (général)
Source : https://baohaiphong.vn/duc-quyet-tam-ngan-chan-dong-nguoi-nhap-cu-bat-hop-phap-551215.html