Après une première journée mitigée pour Decathlon CMA CGM, c’est un bien meilleur sort que la Conti française a connu ce vendredi, sur la deuxième étape du Tour de l’Avenir. « On avait deux objectifs au briefing. On avait annoncé qu’on allait peser dans le sprint, et que Kasper devait faire le sprint. On s’était dit potentiellement que le maillot jaune ne prendrait pas de risques parce qu’il a maintenant de quoi nourrir des ambitions au classement général. Et ça s’est passé à peu près comme on l’avait envisagé dans le sprint, malgré les événements de la journée. Kasper a fait le lead-out et il ne s’est pas relevé », détaille David Giraud, qui a ainsi vu son coureur chiper le maillot jaune à Niels Driesen, au cumul des places.

« IL M’AVAIT FAIT PART DE SON SOUHAIT DE PRENDRE UN PEU D’IMPORTANCE »

Kasper Haugland est décidément à son avantage sur les épreuves Espoirs de renom. « J’ai déjà gagné la première étape du Giro NextGen cette année et maintenant je suis en jaune à la deuxième étape du Tour de l’Avenir. Pour moi, c’est très bien. Je suis prêt pour les cinq étapes restantes ». S’il évoque ce souvenir du Giro NextGen, c’est loin d’être anodin pour David Giraud. « Ça a mis du temps à sourire. Il a fait un très bon Paris-Roubaix, mais pas récompensé. Puis au Giro il y a cette étape miracle, il prend la bonne échappée, il ne gère pas très bien ses émotions et il se retrouve rapidement seul, un peu trop tôt. Puis derrière, en fait, c’était une étape merveilleuse. Je pense que ça l’a complètement débloqué ». À la demande de son directeur sportif, Kasper Haugland a passé un cap.

Car le Norvégien avait une requête cet hiver. « Ça a d’abord été un coéquipier de luxe, un coureur très généreux dans le collectif, très clairvoyant, un très bon capitaine qui est éloquent, qui est capable de prendre la parole dans les briefings, de donner le ton. L’année dernière il m’avait fait part de son souhait de prendre un peu d’importance dans le collectif ». Alors Kasper Haugland est parti du côté de l’Espagne et a redoublé d’efforts, notamment sur la nutrition. « Je suis dans une très bonne forme, et je suis en train de le comprendre. Mais mon objectif, c’est de gagner une étape. Et l’étape de demain (samedi), qui est très longue, me correspond bien, c’est mon vrai objectif », révèle celui qui va forcément apprécier les 230 kilomètres de course, compte tenu de son profil de Classicman.

« C’EST UN PEU ÉNERVANT DE NE PAS GAGNER »

À moins que le peloton ne s’explique au sprint à Saint-Vallier. Et à ce moment-là, Liam Van Bylen pourrait être une carte privilégiée après sa 4e place du jour. « Aujourd’hui ça ne lui réussit pas, on va dire. Je ne pense pas que Liam soit satisfait de cette 4e place. Mais il y a une vraie densité de sprinteurs et Liam fait partie de ces coureurs qui peuvent gagner sur le Tour de l’Avenir », pense David Giraud, qui ne s’est pas trompé sur le sentiment de son coureur. « Je serais content si j’avais gagné l’étape. Mais je suis vraiment content du travail d’équipe. Les gars ont vraiment fait du bon boulot, c’est un peu décevant de ne pas pouvoir leur offrir un bon résultat ». Tombé ce vendredi, le Belge s’en est bien tiré avec simplement un peu de peau en moins.

Alors Liam Van Bylen restera un client ces prochains jours. « Je me sens en bonne forme, donc c’est un peu énervant de ne pas gagner. Il faut aussi un peu de chance. Il reste encore des opportunités, donc il faut continuer d’avancer ». Et il sera là ce samedi s’il n’y a pas de grande sélection. « Ce sera peut-être difficile à contrôler parce que c’est très long, et le final est un peu punchy, donc il y aura beaucoup d’attaques ». Et il y aura un maillot jaune dans l’équipe, pour le plus grand plaisir de David Giraud. « On a porté le maillot rose sur le Giro avec Kasper, on a gagné le Tour de Bretagne avec Aubin (Sparfel), donc on aura porté les maillots de leader sur les trois principales courses de notre calendrier, donc c’est très satisfaisant ». Et ce le sera encore plus avec une victoire dans la semaine.