Par
Zoe Hondt
Publié le
22 août 2026 à 11h40
C’est un homme bien connu de la justice qui entre dans le box des prévenus, ce mardi 18 août 2026. Âgé de 45 ans, il est jugé au tribunal de Lille (Nord) pour une série de délits routiers : refus d’obtempérer, conduite sans permis ni assurance. Les faits débutent le 16 août 2026 à Lambersart : alors que des policiers remarquent un véhicule à la vitesse « anormalement réduite », ils tentent de contrôler le conducteur mais celui-ci se soustrait. Il entame alors une folle course-poursuite sur près de 20 kilomètres à travers plusieurs communes de la Métropole de Lille avant d’être interpellé à Pérenchies. Récit.
« Je pensais leur échapper en allant en Belgique »
Il est 8 h 26, avenue de Dunkerque à Lambersart (Nord), lorsqu’une patrouille de police remarque une camionnette suspecte, roulant à environ 15 km/h. Après vérification, le véhicule ressort non assuré. Les policiers décident de procéder au contrôle, et l’indique au conducteur avec leur gyrophare. Ce dernier ralentit et « semble coopérer », mais finit par accélérer brusquement. S’ensuit une liste d’infractions sur 17 kilomètres de course-poursuite : à une vitesse excessive, il grille des feux rouges, prend des ronds-points à contre-sens, manque de renverser des piétons et roule dangereusement sur une piste cyclable « très fréquentée ». Le tout en passant par Saint-André-lez-Lille, Marquette-lez-Lille, Wambrechies et Verlinghem.
Les policiers sont malmenés : à chaque fois qu’ils tentent de lui couper la route, le conducteur essaye de les percuter et de les « expulser hors de la chaussée ». L’homme de 45 ans est finalement bloqué par un barrage de la BAC à Pérenchies, vers 8 h 45. Alors qu’il accélérait pour foncer dans leur véhicule positionné en travers de la route, les forces de l’ordre pointent leurs armes en sa direction. Seul ça, convainc le conducteur de ralentir sa course. Les policiers finissent par l’interpeller tant bien que mal, et font usage de la force. Deux d’entre eux ont porté plainte.
Au tribunal, le prévenu de 45 ans livre des explications cocasses : « J’ai acheté ce véhicule il y a 15 jours pour avoir un travail. Un salaire m’aurait permis de financer mon permis de conduire. » En 2023, l’homme avait perdu l’intégralité de ses points et n’a jamais tenté de les récupérer. « Rien ne va du côté administratif : sans permis vous ne pouvez faire en sorte que le véhicule soit à votre nom. Vous avez pris les choses à l’envers ! » blâme la présidente. Désemparé, l’homme s’excuse : « Je m’en veux. C’était une bêtise. J’étais comme habité, et je pensais leur échapper en allant en Belgique. »
Sorti de prison deux mois avant les faits, le prévenu assume être « encore plus dans la galère qu’avant » son incarcération. Hébergé chez sa mère, il met en cause des « démarches administratives compliquées pour passer le permis. »
Énième condamnation pour le récidiviste
La procureure de la République fait état d’une « grande mise en danger » à cause d’un « comportement particulièrement égocentré » au moment des faits. Au regard du casier judiciaire bien garni du prévenu, elle déplore le manque d’effet des précédentes peines. Le ministère public requiert 18 mois d’emprisonnement avec mandat de dépôt, et l’interdiction de conduire tout type de véhicule pendant un an.
« Il est le premier à blâmer ce qu’il a fait » plaide l’avocat de la défense. Il décrit un « homme timide, fébrile et doux, dépassé par ce qu’il a fait ». Selon lui, la prison ferme n’est pas une solution. « Ce n’est pas un sale mec. Il n’est plus le même homme devant vous » adresse-t-il au tribunal.
Finalement, le prévenu de 45 ans est condamné à 18 mois de prison ferme et à une amende de 500 euros. Il a également l’interdiction de conduire pendant un an et demi.
Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.