La Répression des fraudes et le ministère de la Santé ont annoncé ce vendredi que plus de 40.000 préservatifs non conformes, ont été vendus en France. Que faire en cas d’achat ou d’utilisation de ces préservatifs ?
L’alerte a été rendue publique ce vendredi 21 août par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) et la Direction générale de la santé (DGS). Les autorités ont identifié plusieurs catégories de préservatifs ne répondant pas aux exigences européennes de sécurité.
La première alerte concerne une trentaine de références de préservatifs externes vendues sur de grandes marketplaces. Environ 1.000 boîtes, soit plus de 40.000 préservatifs, avaient déjà été vendues. Ces produits, majoritairement proposés par des vendeurs asiatiques, ne disposaient notamment pas du marquage «CE» attestant de leur conformité aux exigences européennes. Pour la plupart, l’emballage n’était par ailleurs pas en français.
À la suite des contrôles, la DGCCRF a demandé aux marketplaces concernées de retirer immédiatement les annonces identifiées et d’informer les acheteurs. Trente-six annonces ont alors été supprimées.
Un risque d’éclatement ou de perforation
L’alerte ne concerne toutefois pas uniquement les achats effectués sur Internet. La DGCCRF a également contrôlé des préservatifs vendus dans des magasins et des pharmacies.
Les analyses réalisées en laboratoire ont permis d’identifier deux références non conformes, présentant un risque d’éclatement et, pour l’une d’entre elles, des perforations. Environ 260.000 unités sont concernées par des rappels lancés fin mai et début août.
Plusieurs rappels de préservatifs apparaissent actuellement sur la plate-forme officielle RappelConso. Parmi eux figurent notamment des produits des marques My Lubie, Friday Bae, Okamoto et Sagami, avec des situations de non-conformité différentes selon les références et les lots.
Il est donc important de ne pas se fier uniquement au nom de la marque, c’est la référence précise, et parfois le lot qu’il faut vérifier.
Vérifier la référence précise
Le premier réflexe à avoir est de ne plus utiliser le produit tant que vous n’avez pas vérifié s’il fait l’objet d’un rappel.
La plate-forme officielle RappelConso permet de consulter les produits concernés et leurs modalités de rappel. Conservez également la boîte, le numéro de lot, l’emballage et, si vous l’avez encore, la preuve d’achat. Les autorités recommandent de garder ces éléments pour faciliter le remboursement ou toute démarche ultérieure.
Selon le rappel concerné, le consommateur peut être invité à rapporter le produit au point de vente ou à contacter le service consommateur afin d’obtenir un remboursement. C’est notamment la procédure indiquée pour plusieurs des préservatifs actuellement rappelés.
Et si le préservatif a déjà été utilisé ?
C’est la situation qui nécessite le plus d’attention. Un préservatif non conforme peut ne pas offrir le niveau de protection attendu contre une grossesse ou contre les infections sexuellement transmissibles (IST).
La DGS et Santé publique France recommandent aux personnes ayant utilisé des préservatifs concernés par l’alerte de se rendre dans un laboratoire d’analyses médicales pour effectuer un dépistage des IST. En cas de retard de règles, elles recommandent également de réaliser un test de grossesse.
Il ne faut toutefois pas en déduire que toute personne ayant utilisé un préservatif concerné sera nécessairement infectée ou enceinte. Le rappel signale un risque, et non la survenue systématique d’un problème de santé.
En cas d’inquiétude après un rapport à risque, il est préférable de demander rapidement conseil à un professionnel de santé afin de déterminer les démarches adaptées à la situation.
Comment éviter les mauvaises surprises à l’avenir ?
Pour les achats en ligne, les autorités recommandent de vérifier plusieurs éléments avant d’utiliser un préservatif comme l’identité et la fiabilité du vendeur, la présence du marquage «CE», l’existence d’une notice en français, mais aussi l’état de l’emballage et la date de péremption.
La DGCCRF rappelle également que le marquage «CE» est obligatoire pour les préservatifs commercialisés sur le marché européen. La présence éventuelle de la marque «NF» constitue, elle, une indication supplémentaire. Cette certification repose sur une démarche volontaire du fabricant auprès d’un laboratoire indépendant.
Enfin, en cas de doute sur un produit acheté ou de problème avec un vendeur, un signalement peut être effectué sur SignalConso, la plate-forme de la DGCCRF.