Sur une terrasse de Tours, une famille s’installe, hésite, puis
commande juste ce qu’il faut. « On a fait plus de
pique-niques, c’est notre premier resto de la semaine, et notre
dernier. C’est le luxe ! », confie la mère à TF1.
Image d’un été où les Français se serrent la ceinture
au restaurant
, sans renoncer totalement au plaisir d’y
aller. Inflation, factures d’énergie, loyers plus lourds
le pouvoir d’achat vacille et le
restaurant devient un petit luxe encadré. Menus enfants commandés
par des adultes, pizzas partagées, groupes qui s’annoncent nombreux
mais réduisent l’addition : « Ils nous disent ‘on est six’…
ils prennent trois plats », raconte Lucas Renou, directeur du
restaurant tourangeau La Manufacture. Pour clients et patrons,
chaque assiette commandée, ou évitée, compte désormais.

Pourquoi les Français se serrent la ceinture au restaurant

Selon un sondage Alliance
Tourisme-Ipsos cité par Capital
, un tiers des Français dispose
de moins de 1 000 euros pour ses vacances, un
autre tiers entre 1 000 et 2 000
euros
 et seulement 16 % au‑delà de 3 000
euros
. TF1 Info indique qu’un Français sur deux réduit son
budget restauration. D’où ces trentenaires rencontrés à Dieppe qui
disent préférer « grignoter sur le pouce pour ne pas trop
dépenser » tout en concédant : « Il y aura tout de
même un restaurant pendant le séjour. »

« Quand je vais au restaurant, c’est que j’ai vraiment envie
d’y aller. Je vérifie que les prix ne soient pas exagérés bien sûr,
mais ce n’est pas un critère primordial », assume un touriste
belge au micro de France 3 Normandie. À l’opposé, la famille filmée
par TF1 qui ne s’offre qu’un seul resto dans la semaine vit ce
rendez-vous comme un vrai luxe.

À table, payer moins cher

Dans les salles et sur les terrasses, les commandes se
resserrent. « Il y en a qui prennent un plat pour deux,
souvent, une pizza pour deux », décrit Lucas Renou. Une cliente
assume : « Malheureusement, oui, sur la note, c’est le
dessert qui grimpe énormément. » À Dieppe, un
restaurateur confie
 que ses clients « regardent ce
qui entre dans le budget qu’ils se sont fixé. Finies les bouteilles
de vin, ils commandent un verre ».

Ce jeu avec la carte a ses limites. Pour le menu enfant, un
établissement peut écrire noir sur blanc un âge et s’y
tenir. « Nous, c’est bien stipulé, ‘jusqu’à douze ans,
boisson non comprise' », précise Lucas Renou, qui garde le
droit de refuser un adulte. Un restaurant peut aussi exiger un
minimum de consommation, mais
seulement si la règle est clairement affichée
.

Restaurateurs sous pression cet
été

Dans le reportage de TF1 à Tours, 55 % des restaurateurs disent
voir leur activité baisser cet été. Le président de l’UMIH
Restauration
, Franck Chaumès, évoque sur France 5 des
reculs de fréquentation de 20 à 30 % et alerte sur près de 25
restaurants qui ferment chaque jour, malgré menus anti-crise et
vente à emporter.