Publié le
20 août 2026 à 17h00
« On est un peu délaissés », souffle Christopher Barbelette. Propriétaire de deux stations de lavage pour voitures à Fougères (Ille-et-Vilaine), il a dû intégralement fermer ses pistes samedi 15 août, en raison du passage au niveau crise pour la ressource en eau en Ille-et-Vilaine.
La mesure, décidée par la préfecture, est prévue pour durer jusqu’au 30 septembre. Et si le chef d’entreprise reconnaît volontiers que la sécheresse est un problème, il déplore le manque d’accompagnement face à cet arrêt forcé de son activité.
Pas d’assurance ni de compensation
Ce niveau crise est le quatrième palier, le plus élevé de tous. Activé alors que le niveau 2 était jusqu’ici en vigueur, il induit la fermeture totale des stations de lavage. « Depuis début juillet, j’avais déjà dû fermer le portique, car il consomme davantage d’eau, mais les autres pistes étaient encore ouvertes donc ça allait encore. Mais là, je n’ai plus le droit à aucun système », souligne Christopher Barbelette.
On voit bien qu’on manque d’eau, je le reconnais, mais il faut soit qu’on nous autorise à travailler un minimum, soit qu’on puisse avoir des aides.
Christopher Barbelette, gérant de stations services
Car c’est là que réside la difficulté : « Les assurances ne fonctionnent pas car il s’agit d’un arrêté préfectoral et aucune compensation financière ne nous est proposée. » sauf qu’entre-temps, « les charges ne s’arrêtent pas, elles ».
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La pilule est donc dure à avaler. « J’ai ouvert la station au niveau du Carrefour il y a moins d’un an et on est déjà fermés alors qu’il faut tout payer et que ce sont des investissements assez lourds », pointe le propriétaire.
Autre point d’inquiétude, l’été est la meilleure saison pour cette activité :
L’hiver, il pleut souvent donc on travaille peu et l’été, ils nous ferment.
Christopher Barbelette, gérant de stations services
Christopher Barbelette relève également un autre discours : « Une partie des clients va décider de laver les voitures à la maison, sauf que cela consomme en moyenne 350 litres, contre seulement 60 litres sur une piste haute pression », tient-il à rappeler.
Même le recyclage est interdit
Il argue aussi que l’eau utilisée ne disparaît pas, puisque 90 % de ce qui est consommé est ensuite traité avant de rejoindre les eaux usées pour être de nouveau traité en station.
Le gérant pense bien à la solution du recyclage d’eau en interne. Mais l’investissement est très onéreux et n’est quoi qu’il en soit pas autorisé lorsque le niveau 4 de crise est décrété.
Après une fermeture totale à l’été 2022 et 60 jours d’interdiction des rouleaux en 2024 et 2025, il trouve donc « qu’on nous tape fort dessus » et demande un meilleur accompagnement. En attendant, seuls ses aspirateurs et sa laverie de linge restent ouverts.
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