Édouard Marganne a laissé son empreinte sur une grande partie du Vendômois. Pourtant, l’architecte né à Villiers-sur-Loir en 1812 reste largement méconnu. Pour faire ressurgir son parcours et son œuvre, Gérard et Catherine Ermisse et Pierre-Louis Denizot se sont lancés dans un véritable travail de fourmi, compliqué par la disparition d’une grande partie des archives le concernant.

Le point de départ de cette enquête se trouve à Thoré-la-Rochette. En 2015, l’état de délabrement de l’église paroissiale inquiète les habitants. Gérard Ermisse, alors sollicité, s’intéresse à l’édifice. Son regard est celui de l’historien et de l’archiviste, mais aussi de l’ancien directeur de l’Inventaire général des monuments et richesses artistiques de la France. Il découvre que l’église porte la marque de Marganne. Une première piste qui en ouvre beaucoup d’autres.

Des réalisations toujours visibles aujourd’hui dans le Vendômois

Avec son épouse Catherine, ancienne professeure d’histoire, il entreprend de rechercher les traces laissées par l’architecte. L’enquête prend une dimension particulière à Villiers-sur-Loir, où le couple réside : le père d’Édouard Marganne y fut percepteur puis, à partir de 1830, maire de la commune. Son fils y a lui-même conçu deux édifices emblématiques, l’école et la mairie.

Mais reconstituer une carrière qui s’étend sur une bonne partie du 19e siècle n’a rien d’évident. Les dossiers consacrés aux travaux d’Édouard Marganne ont disparu dans l’incendie des archives de Vendôme en 1940. Il faut donc chercher ailleurs. Gérard et Catherine Ermisse épluchent notamment les registres de délibérations municipales, à la recherche d’une commande, d’un devis, d’un débat ou d’une intervention permettant de reconstituer, pièce après pièce, son activité.

Un travail à six mains

À ce patient dépouillement s’ajoute l’expertise de Pierre-Louis Denizot. Architecte depuis 1976, celui-ci possède une connaissance exceptionnelle du bâti vendômois et a pris soin de reconstituer et de conserver l’histoire des édifices sur lesquels il est intervenu. Gérard Ermisse apporte de son côté sa connaissance des fonds d’archives et une vision plus large de l’histoire de l’architecture et de la protection du patrimoine au 19e siècle, notamment à l’époque de Mérimée….

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