Après avoir vécu près de 40 ans au rythme de migraines douloureuses, une infirmière a retrouvé une vie plus saine grâce à un traitement d’anticorps, il y a cinq ans.

• À lire aussi : Les migraines affectent le quotidien de 1,2 million de Québécois

« Il y a des nuits où je me couchais et je ne comprenais pas comment je faisais pour surmonter cette douleur », confie Christine DeMelo.

Les premières migraines sont apparues alors qu’elle n’avait que neuf ans. Tout comme sa mère et sa grand-mère qui en ont souffert à leur tour.

Avec les années, les crises se sont multipliées jusqu’à devenir chroniques. À certaines périodes, elle en subissait entre 15 et 18 par mois.

« C’était pratiquement une journée sur deux », raconte la quarantenaire.

Travailler malgré la douleur

Malgré des nausées, des vomissements et une douleur parfois insupportable, l’infirmière a continué d’exercer son métier pendant des années.

Lorsque les symptômes devenaient trop importants, elle devait toutefois quitter son quart de travail avant la fin.

« Je vomissais dans les toilettes. Même pour me rendre à la maison, c’était difficile », relate-t-elle.

Mme DeMelo a essayé plusieurs traitements, dont des anticonvulsivants et des injections de Botox, sans obtenir un soulagement durable. C’est finalement un traitement mensuel à base d’anticorps monoclonaux qui a changé son quotidien, il y a environ cinq ans.

Le nombre de migraines a considérablement diminué et les crises sont beaucoup moins incapacitantes.

« Aujourd’hui, j’en ai une à trois par mois, et je n’ai plus besoin de me coucher toute la journée », raconte cette infirmière de chambly, soulagée.

Toujours sur ses gardes

La lumière représentait l’un de ses principaux déclencheurs. Pour réussir à travailler, elle gardait les lumières de son bureau éteintes et portait parfois des lunettes de soleil. Même avec la médication, elle redoublait de prudence afin d’éviter toute erreur.

Christine DeMelo, qui vit avec des migraines depuis plusieurs années, doit parfois porter des lunettes de soleil pour atténuer sa sensibilité à la lumière.

Pierre-Paul Poulin / Le Journal de Montréal

Christine DeMelo, qui vit avec des migraines depuis plusieurs années, doit parfois porter des lunettes de soleil pour atténuer sa sensibilité à la lumière.

« Je n’ai jamais fait d’erreur médicale, mais je revérifiais toujours ce que je faisais. Je voulais continuer à travailler malgré tout », explique-t-elle.

À la maison, la maladie l’empêchait aussi de profiter pleinement de ses enfants.

« J’avais l’impression que ma vie sociale et ma vie de parent avaient pris le bord pendant un bout », dit-elle.

Elle a appris à reconnaître les situations qui risquaient de provoquer une crise. Les odeurs fortes, les changements de température, le bruit ou encore la lumière pouvaient suffire à déclencher une migraine.

« Si je rentre dans un magasin de parfums, je ne peux pas être là plus que trois minutes », raconte-t-elle.

Même l’entrevue au sujet de ce dossier lui a rappelé la douleur.

« Juste en parler, ça peut m’en déclencher une. Je suis sensible à ce point-là », dit l’infirmière.