« À 8h, je sors de prison, à 10h je suis au commissariat ! » La formule est drôle, mais elle n’a pas amusé les juges du tribunal correctionnel de Marseille. Ce jeudi 20 août 2026, ils jugeaient Whalid L., 31 ans et 17 condamnations au casier judiciaire, qui semblait prendre toute l’affaire « avec désinvolture », s’agacera le procureur.
Le 21 juin 2026, le jeune homme incarcéré aux Baumettes avait bénéficié d’une permission de sortie exceptionnelle de quelques heures pour l’anniversaire de sa mère. Il était passé l’embrasser, puis avait filé s’offrir une coupe chez le coiffeur. Peu avant 10h du matin, au volant d’une puissante voiture circulant en trombe, il avait attiré l’attention de policiers patrouillant sur le boulevard des Dames (2e), à côté de l’hôtel de police !
« J’ai réfléchi à l’envers »
Gyrophare, sirène, refus d’obtempérer, virage rue de l’Évêché où il avait abandonné la voiture pour filer à pied, rattrapé et difficilement menotté dans un chantier proche. Il n’avait pas de permis de conduire en règle et roulait sous stupéfiants.
« Mon collègue est venu avec une belle voiture, ça m’a donné l’envie, tout simplement. […] J’ai réfléchi à l’envers. », a assumé celui qui, trois ans auparavant, avait écopé d’une suspension de permis de six mois et n’avait jamais régularisé sa récupération. « On dirait que vous le faites exprès monsieur », l’a tancé, affligée, la présidente Marine Bruneu au tribunal.
Poignardé gravement en 2024
« Il démontre au tribunal qu’il n’a absolument pas pris conscience de la gravité de ses actes », a appuyé le procureur Alain Berthomieu, demandant 22 mois de prison ferme à son encontre. Pascal Luongo, en défense, a tenté de remettre ce casier judiciaire en perspective, rappelant la très grave agression au couteau subie par son client en 2024, qui aurait « altéré » son comportement et sa réflexion encore aujourd’hui.
Whalid L. a été condamné à 22 mois de prison supplémentaires, assortis d’une interdiction de repasser le permis sous trois ans.