Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a estimé que des élections en temps de guerre seraient un danger pour le pays, après l’appel de son ex-ministre de la Défense à un tel scrutin.
« Je pense que dans une guerre comme celle-ci, des élections en tant que telles sont un risque énorme », a affirmé Volodymyr Zelensky dimanche. Selon lui, un tel processus constituerait un « tsunami » qui « fracturerait l’Ukraine ».
« Si nous voulons détruire le pays, alors nous pouvons aller dans la direction d’élections dans ces temps de guerre », a-t-il estimé. « C’est impossible dans les conditions que nous avons actuellement. »
Selon le dernier sondage d’opinion de l’Institut de sociologie de Kiev (KIIS) réalisé en juillet-août, seules 15% des personnes interrogées estiment que des élections devraient avoir lieu avant la fin de la guerre.
Appel à des élections malgré les difficultés logistiques
Le président ukrainien s’exprimait dimanche lors d’une première rencontre avec des journalistes depuis des mois, et après une série de controverses politiques, dont le limogeage mi-juillet du jeune et populaire ministre de la Défense, Mikhaïlo Fedorov.
Dans un discours diffusé mardi sur YouTube, avec une vidéo aux allures de clip de campagne, ce dernier a appelé cette semaine à ouvrir la voie à des élections en Ukraine malgré l’invasion russe. Sans donner beaucoup de précisions, il dénonce la corruption et appelle à « restaurer un processus démocratique » et à ne pas laisser « la démocratie retenue en otage par la Russie ».
« Nous nous battons précisément parce que nous voulons rester un Etat européen libre. (…) Nous devons trouver un mécanisme légal, sûr et réaliste qui permettra à l’Ukraine de restaurer un processus démocratique complet même en pleine guerre prolongée », avait-il déclaré, reconnaissant la complexité de tenir scrutin en temps de guerre. « Mais complexité ne signifie pas impossibilité. »
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Le mandat présidentiel de Volodymyr Zelensky a expiré en mai 2024. Mais l’organisation d’élections est impossible sous la loi martiale en vigueur depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022.
Pour justifier cette situation, le président a, dimanche encore, invoqué des arguments tels que la difficulté de garantir le droit de vote des militaires, des électeurs dans les zones proches du front et en territoires occupés, ainsi que des millions d’Ukrainiens réfugiés à l’étranger.
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La décision de limoger Mikhaïlo Fedorov a donné lieu à des manifestations rassemblant des milliers de personnes dans les rues de plusieurs villes du pays, poussant Volodymyr Zelensky à remplacer également le commandant de l’armée, Oleksandre Syrsky, considéré comme un rival de Fedorov.
Le président ukrainien a défendu le droit des citoyens à manifester mais a mis en garde contre toute attitude « irrespectueuse » envers l’armée et le « risque » posé par une division « entre la société et les soldats ».
afp/jop