La présidente du tribunal correctionnel d’Aix est inquiète. « Vous êtes deux jeunes gens qui, face aux difficultés de la vie, ont eu comme premier réflexe de rentrer dans un trafic de stupéfiants« , souffle-t-elle, en regardant les prévenus : Ali K., qui comparait dans le box, Marion G., sous contrôle judiciaire.
« Au début, c’est moi qui l’ai voulu, pour des raisons financières », reconnaît cette dernière, avec une voix tantôt assurée, tantôt chancelante sous la pression de la barre. « Mais j’ai toujours travaillé, reprend-elle. Dans le prêt-à-porter, la restauration », jusqu’à son burn-out, après avoir cravaché pendant trois ans six jours sur sept. Elle ajoute : « J’ai grandi dans une petite ville, très calme. » Toute cette description pour dire que « ça, ce n’est pas moi ».
Ça, c’est le narcotrafic, endémique à Marseille et contagieux dans toutes les Bouches-du-Rhône. Dans cet écosystème criminel, le profil de Marion G. est atypique : la participation des femmes y « relève de l’exception », d’après la sociologue Khadidja Sahraoui-Chapuis, dans son ouvrage Les Prolétaires du bizness, et « s’inscrit majoritairement dans des rôles discrets ou périphériques. »
« 400 euros » pour une mission
Comme la…