Pas de round d’observation. L’heure de la rentrée politique a à peine sonné que celle-ci s’annonce hautement inflammable. L’évacuation, mardi 11 août, de deux bidonvilles dans lesquels résidaient de nombreuses familles roms à Doulon Gohards – plus de 200 personnes vivant dans 81 caravanes selon la préfecture – en est une illustration criante. Et expose crûment les clivages qui menacent la gauche d’implosion, tant au niveau national qu’à l’échelle locale, à huit mois du premier tour de la présidentielle.
Les insoumis – qui ont fait leur entrée au conseil municipal de Nantes en mars dernier, obtenant neuf postes d’élus d’opposition, dont cinq siégeant à la Métropole – tirent à boulets rouges sur ces expulsions sans solution orchestrées à la demande de la Ville, dirigée par la maire PS Johanna Rolland.
Qu’importe que la municipalité, par la voix d’Olivier Chateau, adjoint (PS) en charge notamment de la résorption des bidonvilles, indique avoir dressé un constat d’échec sur les campements concernés. Près de 200 personnes ont été expulsées de campements sans savoir où elles pourraient durablement s’installer, tempêtent les élus de La France insoumise (LFI). Ces derniers font valoir que de nombreuses personnes habitant les camps démantelés travaillent et sont même indispensables dans les exploitations maraîchères, et déplorent : Ils vivent sur des terrains indignes, sans eau ni électricité. Et malgré la canicule, on les expulse sans solution ».
Quand j’ai pris mes fonctions en début du mandat, j’ai fait le tour de tous les bidonvilles pour me rendre compte de la situation, rencontrer les gens, expose en retour Olivier Chateau. « Sur les différents sites, j’ai été très bien accueilli, j’ai pu échanger. Les…