Bastien Tronchon l’avait annoncé ce midi, depuis le cadre de carte postale du Port Hercule de Monaco ; la première étape en ligne du Tour d’Espagne et son arrivée sur les hauteurs de Manosque pouvait potentiellement lui convenir. “Ce sera particulier, ce ne sera pas un sprint classique lancé par un train mais il faudra essayer”. Cinq heures plus tard, le puncheur de la formation Groupama-FDJ United a tenté de suivre l’attaque de Wout van Aert mais s’est brûlé les ailes, avant que le Britannique Matthew Brennan (Visma-Lease a bike) ne l’emporte. “Je voulais juste ne pas avoir de regrets. Et je n’en ai pas. Je ne pouvais pas faire mieux”, assurait-il à notre micro, devant le bus de la WorldTeam, après avoir reçu le réconfort de sa petite-amie. “Je suis monté à 207 pulsations, je n’avais jamais fait ça, je crois. J’y voyais un peu flou à la fin alors je ne suis pas sûr de moi mais je crois bien que tous ceux qui ont essayé de suivre l’attaque de van Aert n’étaient ensuite plus là pour faire le sprint. Je n’étais pas le seul”.
Le coureur de 24 ans aura au moins eu l’occasion de connaître un moment grisant, durant quelques secondes, dans la roue du lauréat de Paris-Roubaix. “Quand j’étais derrière lui, je me suis dit que j’allais faire quelque chose d’impressionnant. Mais finalement, j’ai été rappelé à l’ordre. Mais sans regrets, encore une fois. Je préfère tenter plutôt que d’attendre”. Un sentiment partagé par son directeur sportif Benoît Vaugrenard, toujours auprès de DirectVelo : “Il lui a manqué un peu de jambes pour aller sprinter. Il a essayé de suivre l’attaque de van Aert et ça l’a mis dans le rouge. Mais c’est bien, c’était la première, il fallait tenter”.
« J’AI EU DU MAL À GÉRER CE PROBLÈME-LÀ »
Au moins Bastien Tronchon a-t-il pu retrouver la confiance, après des mois frustrants. “J’ai une superbe forme, je suis content. C’est mal payé mais il y aura d’autres occasions, c’est rassurant”. Mais que s’est-il donc passé depuis sa très bonne 2e place d’étape d’emblée sur la Ruta del Sol, en février ? “La préparation avait été parfaite tout l’hiver. J’ai éclaté beaucoup de records à l’entraînement après l’altitude. Quand j’ai repris la compétition, je me suis rapidement senti très bien en Andalousie. Mais ensuite j’ai eu des problèmes de peau, au niveau du périnée, explique-t-il après coup. Sur les Flandriennes, ça s’est rapidement empiré. J’ai eu du mal à gérer ce problème-là mais maintenant, a priori c’est derrière moi”.
Avec l’envie de profiter de cette forme retrouvée, qui fait beaucoup de bien moralement. “Je veux me faire plaisir après un début de saison très difficile pour moi. M’éclater, avec la chance de pouvoir aller faire les sprints. Je vais essayer de le faire au mieux, même si je ne suis pas un pur sprinteur. Il faudra saisir chaque occasion, sachant que ce n’est pas tout le temps qu’on a l’occasion de jouer sa carte en WorldTour”. Après tout, la Vuelta ne fait que commencer.