Myriam Reynaud

Rédactrice

Publié le
23/08/26 à
21:57

Pendant longtemps, le sommeil a parfois été considéré comme
une perte de temps. Pourtant, les
spécialistes rappellent régulièrement son rôle essentiel dans notre
quotidien. Certaines personnes vont même jusqu’à valoriser le fait
de dormir très peu. Selon ABC, Nuria
Roure défend une vision totalement différente du repos. Cette
psychologue spécialisée dans le sommeil estime qu’il faut lui
accorder une véritable place dans nos habitudes.
« Nous devons accorder au sommeil la même
importance, voire davantage, qu’à l’exercice, à la nutrition ou à
l’équilibre émotionnel
« , explique-t-elle.

Autrice du livre Por fin duermo (Éd. Vergara),
Nuria Roure est spécialisée dans les troubles du
sommeil. Elle alerte notamment sur la durée de repos insuffisante
de nombreux Espagnols. D’après les données de la Sociedad Española
del Sueño, ils dorment en moyenne entre six et six heures
et demie chaque nuit
. Cette durée reste éloignée des sept
ou huit heures recommandées. Les adolescents sont également
concernés par ce manque de repos. Ils se couchent souvent tard,
puis doivent se lever tôt. Cette dette de sommeil peut avoir des
conséquences sur leur santé et leurs performances scolaires.
Sommeil : Nuria Roure alerte sur les effets d’une nuit trop
courte

Le manque de sommeil ne provoque pas uniquement une sensation
de fatigue. La privation de repos peut également affecter
plusieurs fonctions importantes de l’organisme
. Elle
augmente notamment le risque de maladie cardiovasculaire. Elle
perturbe aussi le fonctionnement normal du système immunitaire. Le
sommeil intervient par ailleurs dans la fixation des souvenirs. Sa
diminution peut donc affecter certaines capacités cognitives. Ces
conséquences montrent pourquoi le repos ne devrait pas être
considéré comme secondaire.

Nuria Roure a récemment rappelé cette réalité dans le
podcast Mami, ¿qué dices?. La spécialiste s’est
notamment intéressée aux conséquences d’une nuit très courte.
« Les personnes qui sont restées éveillées plus de
20 heures présentent un niveau d’attention et de concentration
similaire à celui d’une personne ayant consommé environ six
bières
« , affirme-t-elle. Quatre heures de
sommeil peuvent ainsi fortement affecter les capacités cognitives.
La concentration et l’attention sont particulièrement concernées
par cette privation de repos.

Sommeil : Nuria Roure alerte sur les effets d’une nuit trop courte © fizkes / Shutterstock

Pourquoi les adolescents sont particulièrement concernés ?

Cette baisse des capacités peut également avoir des
conséquences concrètes au quotidien. Une personne privée de
sommeil peut notamment rencontrer davantage de difficultés pour
prendre des décisions
. Sa capacité de réaction peut
également être diminuée. Le risque d’accidents professionnels ou de
la route constitue donc une autre conséquence évoquée dans les
éléments fournis. La Sociedad Española del Sueño rappelle de son
côté que le sommeil est indispensable au fonctionnement de
l’organisme. « Nous avons besoin de dormir pour que nos
organes fonctionnent correctement et que tous les processus de
régulation biologique de notre organisme puissent avoir
lieu« , indique la SES.

Nuria Roure insiste aussi sur les besoins particuliers des
adolescents. « Nos adolescents devraient dormir
environ neuf heures par nuit
« , affirme la
spécialiste. Elle estime que les horaires scolaires ne facilitent
pas toujours cette durée de repos. Les cours commencent souvent
trop tôt, réduisant leur temps de sommeil. Pour favoriser le repos,
plusieurs habitudes sont également mises en avant. Il est conseillé
de conserver des horaires réguliers. Les boissons caféinées doivent
être évitées après 16 heures. Les repas trop copieux sont également
déconseillés le soir. Enfin, la lumière blanche des smartphones
peut maintenir le cerveau éveillé.