Comme la veille, une échappée a bien failli jouer un mauvais tour au peloton du Tour de l’Avenir. Et c’est même plus ou moins le cas, car les 2e, 3e et 4e de l’étape étaient tous issus du gros groupe qui s’est détaché en début de course. Mais il y avait un homme plus fort que les autres à Semur-en-Auxois, ce dimanche. Aubin Sparfel a nettement dominé ce final difficile pour s’imposer avec une large avance. Au grand dam de Soan Ruesche, présent dans ce groupe de tête. « Il y en a plein qui voulaient et qui pensaient déjà au sprint entre nous, alors que quand je voyais le peloton et la vitesse à laquelle ça revenait, moi je n’y croyais pas forcément. Au final, j’ai eu raison de ne pas y croire parce que ce n’est pas un gars de l’échappée qui gagne, et c’est dommage ».

« JE N’AVAIS VRAIMENT PLUS D’ÉNERGIE »

Le coureur de la Groupama-FDJ Continental avait du mal à décolérer à l’arrivée. « Je ne peux pas être heureux. Je ne dois même pas faire Top 20. C’est anecdotique. Après, on ne peut pas dire que la journée a été mauvaise, j’étais à l’avant. Peut-être que dans le final, j’aurais dû être plus patient. Je ne sais pas forcément, mais là, je suis déçu ». Il faut dire que certains n’avaient sans doute plus les jambes pour espérer peser dans le final, comme Timothée Coudière-Cantin. « Avec mes deux échappées de la veille, ça commençait à être dur. Je me suis accroché tout le long, on est arrivé en tête dans la dernière montée mais je n’avais vraiment plus d’énergie. Je me suis quand même mis à fond mais ça remontait vachement fort derrière. Je suis tout de même satisfait de ma journée ».

Il faut dire qu’au départ de Saint-Vallier, le Champion de France chassait d’autres lièvres que la victoire en échappée. « Je voulais vraiment aller chercher ce maillot de meilleur grimpeur. Donc je me suis mis à bloc sur les 40 premiers kilomètres pour passer en tête. Puis je me suis demandé s’il fallait que je me relève ou pas. Sauf qu’on était un bon groupe devant, donc je me suis dit : « Pourquoi pas continuer ? » ». Au contraire de la Groupama-FDJ Conti, qui misait gros sur cette échappée. « Le plan était qu’il y ait un de nous devant, en dehors de Rémi (Daumas). Au final, j’ai vu qu’on était une bonne dizaine, donc j’ai vite pensé que ça pouvait faire une belle course. Puis je me suis dit que ça allait être compliqué avec 1’30 ». À 40 bornes de l’arrivée, on s’est tous dit qu’on se mettait à bloc. Et au final, on se fait reprendre à 400 mètres », reprend Soan Ruesche.

« ON AVAIT DÉJÀ LE PLAN HIER D’ESSAYER DE REPRENDRE LE MAILLOT »

Il faut dire que certains pensent aussi à la montagne, ces trois prochains jours, comme Timothée Coudière-Cantin. « Il fallait que je garde un peu encore d’énergie pour le reste du Tour de l’Avenir, parce que c’est ma première longue course par étapes de ma vie, donc je ne sais pas comment je vais être sur la fin. Après, dans une échappée comme ça, si tu ne passes pas, ça désorganise tout. Je trouve que je me suis plutôt bien débrouillé. Ce n’est pas mon genre de louper des relais, mais j’étais vraiment au bout ». L’équipe de France continuera de jouer le jeu à l’avant. « On a une équipe vraiment à l’offensive, on va nous voir sur les prochaines étapes. Après, garder le maillot, on verra. Une journée avec un maillot distinctif, ce n’est pas tous les jours donc je vais profiter ».

Il y en a un autre qui va profiter de son maillot distinctif. Premier vainqueur d’étape et donc premier maillot jaune, Niels Driesen avait cédé son bien à Kasper Haugland. Mais le sociétaire de Lotto-Groupe Wanty l’a finalement récupéré ce dimanche, encore une fois à la place. « On avait déjà le plan hier d’essayer de reprendre le maillot, mais ce n’était pas suffisant. Aujourd’hui ça l’a fait, donc on est très contents. Ça a été une très bonne semaine pour nous jusqu’à présent. Maintenant, on va essayer de défendre le maillot, mais je pense que demain, ça va être très difficile de le garder. On va simplement voir comment sont les jambes, tout donner, et on verra ». Sur le contre-la-montre, cette fois, plus personne ne pourra jouer tactique.