Quand il pose un pied (un talon, souvent) sur scène, Sébastien Vion n’est plus vraiment lui-même. Un instant, il est Corrine, personnage exubérant de placeuse de cabaret « qui fait tout sauf placer ». L’instant d’après, il devient Alain Bashung en version « travelo », comme il dit lui-même. L’artiste, défini comme « pluriel », se construit au fil de ses mutations. Il se transforme.
À la ville, « je suis quelqu’un d’autre. Presque agoraphobe », confie-t-il toutefois. Impensable pour celles et ceux qui ont vu sur scène toute l’exubérance dont il est capable. Tantôt vulgaire, tantôt poétique, tantôt bouleversant quand il récite Bashung avec une clope à la bouche. « Il faut provoquer pour arriver à l’amour et je crois qu’on y est arrivés », philosophe Corrine (c’est dans sa tenue qu’il se présente à notre rendez-vous à Belfort). Un amour qui n’a pas été simple à gagner….