Le photojournaliste Gilles Bertrand, fondateur du mythique Festival des Templiers et de laTarn vallée trail, a déclaré sa flamme à l’Aveyron depuis plusieurs décennies.
La flamme de la photographie brûle en Gilles Bertrand depuis son adolescence. Et ça tombe bien, lui qui a couvert pas moins de six Jeux olympiques à travers son œil et son objectif. La photographie s’est imposée comme une évidence pour l’étudiant en histoire-géographie, « c’est l’époque où j’ai acheté mon premier appareil photo ».

« Fulu », électro-band de renommée mondiale sur scène, en 2025, à Vabres-l’Abbaye dans le cadre de « C’est quoi ce cirque » organisé par Poly Sons. « Cette photo a été réalisée dans le cadre du travail mené sur la scène musicale dans le Sud-Aveyron. Une exposition est prévue en mai 2027 ».
Reproduction Centre Presse Aveyron – Gilles Bertrand
Lui, l’autodidacte devenu photojournaliste et qui a arpenté les quatre coins du globe. En 1981, « j’ai vendu mon premier grand reportage sur les coureurs éthiopiens. J’avais rencontré Mamo Wolde, champion olympique en 1968à Mexico, dans le cadre d’une enquête de fond sur les coureurs éthiopiens émergents à cette époque-là ».
Pendant trente ans, l’athlétisme et le sport chinois sont restés son domaine de travail. Gilles Bertrand est un touche-à-tout. Journaliste, photographe, éditeur – « j’ai fait quatre livres » –, il explore. Il a capturé dans son objectif les scènes de vie de pas moins de 80 championnats du monde et d’Europe d’athlétisme, en passant par les grands marathons. Avec un œil animé par le réalisme. « Je prends ce que je vois et ce que je montre doit être le reflet de ce que j’ai vu ». L’émotion, la gestuelle, l’instanté.

La dernière manifestation à Saint-Victor-et-Melvieu marquant la fin du conflit et de la ZAD installée pour dénoncer la construction d’un méga transformateur électrique. Dans le cadre de l’expo « Aveyron, un jour ordinaire, un jour extraordinaire ».
Reproduction Centre Presse Aveyron – Gilles Bertrand
L’émotion, la gestuelle
Originaire du centre de la France, c’est à l’âge de 23 ans que Gilles Bertrand pose ses valises en Aveyron avec son épouse Odile Baudrier. Ils n’en repartiront plus. De Rodez au Sud-Aveyron, il a été happé par la « liberté de se mouvoir dans les espaces à perte de vue et de découvrir un territoire relativement libre d’accès qu’il faut protéger ». Ce département, il l’a donc chevillé au corps, à l’âme et bien sûr à l’œil animé désormais par la photo de société.

Le dernier bouilleur de cru de l’Aveyron lors de sa venue à Aguessac en 2021. Une photo exposée dans le cadre de l’exposition « Aveyron, un jour ordinaire, un jour extraordinaire ».
Reproduction Centre Presse Aveyron – Gilles Bertrand
D’un tour de France à un tour de l’Aveyron
« Pendant deux ans, j’ai fait un tour de France à la découverte de lieux, d’événements et de gens que je n’aurais jamais côtoyé dans ma vie que j’ai racontée par la photo ». Un travail exposé et que le Sud-Aveyronnais d’adoption, a aussi décliné dans le département en l’intitulant « Un jour ordinaire, un jour extraordinaire en Aveyron ». Une immersion « dans le quotidien des gens qui s’investissent dans le bénévolat, dans un événement, une association, etc., cela peut paraître anodin, mais pas pour celles et ceux qui le font car, derrière, il y a un très gros engagement. Il y a du collectif, cela fédère des gens dans un village, une communauté, c’est que j’ai voulu traduire ».
Après les dramatiques incendies de Mostuéjouls, il a ressenti le besoin de communier avec cette nature meurtrie par les flammes. « Même si je n’avais jamais fait de paysages, il y avait quelque chose qui me parlait. J’ai travaillé comme un fou dans cette forêt ». Depuis un an, il consacre son travail photographique à la musique dont il est passionné. Sous toutes formes, aux quatre coins de l’Aveyron, « ce feu sacré que les artistes ont et qui brûle encore à 50 ans, je me suis reconnu en eux… »
Du Festival des Templiers à la
Gilles Bertrand est inépuisable sur l’Aveyron. La course, le vélo, il l’arpente par tous les moyens possibles. C’est lors d’un de ses innombrables reportages, c’était les trails du Colorado, qu’il a l’idée de créer les Templiers et qu’il co-organise en famille. C’était en 1995. Un trail devenu emblématique dans l’univers du running qui rassemble, chaque année en octobre, plus de 10 000 coureurs et 45 nationalités. En parallèle aussi, il a donné vie à la Tarn vallée trail. Une autre ode aux paysages emblématiques du département.