Posted On 24 août 2026

Chaque nuit ou presque des voitures sont incendiées dans les rues de l’agglomération grenobloise, constatait TG+ dans son enquête publiée le 19 août, décrivant des propriétaires désemparés découvrant chaque matin la carcasse calcinée de leur véhicule. Un constat que les faits ne cessent de confirmer depuis : en moins d’une semaine, entre les nuits du 13-14 et du 17-18 août, une dizaine de véhicules ont été détruits par le feu entre Grenoble, Fontaine, Échirolles, Saint-Martin-d’Hères… Un été de plus, un été de trop.

UNE SEMAINE, DES DIZAINES DE VÉHICULES CALCINÉS

La nuit du jeudi 13 au vendredi 14 août, une Peugeot rue Élise-Grappe à Saint-Martin-d’Hères et une Renault Clio rue Christophe-Turc à Grenoble partent en fumée. 4 jours plus tard, la nuit du 17 au 18 août est plus meurtrière encore : 9 véhicules supplémentaires partent en cendres entre Malherbe, Fontaine et Échirolles. Tout cela en moins d’une semaine, et il ne s’agit que des incendies de voitures recensés par la presse locale. 

TG+ : « pourquoi autant de voitures brûlées chaque nuit ? »…
UNE MÉTROPOLE ENTIÈRE EN FLAMMES

Ce n’est plus seulement Grenoble qui brûle. Fontaine a payé le plus lourd tribut cette nuit du 17 au 18 août avec six véhicules détruits rue d’Alpignano et au mail Marcel-Cachin, tandis qu’Échirolles et Saint-Martin-d’Hères complètent la liste. Ce déploiement géographique confirme que la délinquance et l’insécurité grenobloises font tache d’huile dans toute l’agglomération. Le problème n’est plus circonscrit à quelques quartiers sensibles de la ville-centre, mais gangrène l’ensemble du bassin de vie, sans qu’aucune réponse coordonnée n’émerge à l’échelle métropolitaine.

UN ÉTÉ QUI N’EN FINIT PAS DE BRÛLER

Cet embrasement du mois d’août est dans la continuité de celui de juillet. Dans la nuit du 22 au 23, 7 véhicules partaient en fumée au parking Montorge-Téléphérique, à deux pas du jardin de ville, après que 5 autres avaient été détruits la nuit précédente ailleurs dans l’agglomération : 12 véhicules incendiés en 48 heures. Entre ces épisodes, aucune pause : l’été 2026 grenoblois est celui des voitures qui brûlent sans interruption.

LA PLAIE CHRONIQUE D’UNE VILLE EN PROIE AUX INCENDIES

Le phénomène, en réalité, dépasse largement la seule séquence estivale. Au printemps dernier, nous relevions une impressionnante série cours de la Libération : plusieurs véhicules incendiés en l’espace de deux jours, tandis que Place Gre’net comptabilisait, la même période, dix-sept voitures brûlées en une seule semaine dans les différents quartiers de Grenoble. Un désastre que nous décrivions alors comme un « spectacle qui évoque Beyrouth », aux pieds des immeubles. Sous Piolle hier, sous Ruffin aujourd’hui, cette plaie ne s’est jamais refermée, elle s’est seulement banalisée.

Incendie de voitures à Malherbe il y a quelques jours.
LA DOUBLE PEINE DES VICTIMES

Au-delà de ces chiffres, l’article de TG+ éclaire un aspect largement ignoré du phénomène : ses conséquences financières pour les victimes. L’assurance responsabilité civile, pourtant obligatoire, ne couvre jamais les dommages subis par le véhicule de son propre titulaire. Sans garantie incendie spécifique, souscrite en plus, un automobiliste dont la voiture est détruite ne touchera donc rien de son assureur. Une mécanique aussi injuste que méconnue, qui transforme chaque incendie en double peine : la perte du véhicule, puis l’absence de tout recours pour la remplacer.

Toujours à Malherbe, l’œuvre d’un facétieux grenoblois…
UNE IMPUNITÉ ENTRETENUE PAR L’ABSENCE DE MOYENS

Cette double peine découle directement des choix municipaux. Faute de réseau de vidéoprotection et de centre de supervision urbain opérationnel 24 heures sur 24, les auteurs de ces incendies restent, sauf exception, introuvables. Sans interpellation, pas de condamnation, et donc aucune indemnisation possible par la voie judiciaire pour les victimes non assurées. Le plan de sécurité porté depuis le début du mandat par Clément Chappet et Réconcilier Grenoble, qui prévoit 350 caméras reliées à un tel centre, demeure lettre morte pour les élus de Ruffin qui refusent de s’en saisir. 

GAËTAN MONOT, TOUJOURS LE MÊME SILENCE

Face à cette accumulation, où est donc Gaëtan Monot (Verts) ? Probablement en vacances. Aucune réaction publique de l’adjoint « à la prévention et à la sécurité » n’a pu être relevée concernant ces séries d’incendies. Ce silence confirme l’erreur de casting d’un élu dont on ne connaît la voix qu’au compte-gouttes, et toujours après le fait accompli pour ne rien proposer. Un mutisme qui, à force de se répéter, ne relève plus de la réserve mais du choix politique assumé de l’indifférence.

Gaetan Monot, l’invisible adjoint.
LA PROMESSE DE RUFFIN À L’ÉPREUVE DU CALENDRIER

Reçue à Matignon par le Premier ministre Sébastien Lecornu en juillet après un précédent rendez-vous avec le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, Laurence Ruffin promettait alors « d’autres échanges » et des annonces à « la rentrée en septembre ». L’échéance approche à grands pas et c’est désormais une quasi certitude qu’aucune mesure concrète n’aura émergé depuis ces rencontres, tandis que le nombre de véhicules incendiés continue, lui, de grimper. Si le plan de mandat promis pour la rentrée suit la même pente que le bilan des cent premiers jours, les Grenoblois n’ont aucune raison d’espérer une inflexion.

LES ÉTÉS SE SUIVENT ET SE RESSEMBLENT

Voitures brûlées en juin, série noire en juillet, hécatombe à la mi-août : encore un été, et toujours le même scénario. Année après année, sous Piolle hier comme sous Ruffin aujourd’hui, le même refus des caméras, le même silence des élus. Les saisons passent, les véhicules calcinent, les victimes s’appauvrissent sans recours, et rien ne change à l’Hôtel de Ville. Les étés se suivent et se ressemblent avec les Verts : 2026 aura été un été de plus.