Banda, « une question de hiérarchie »

Pour le studio Banda, il n’existe pas de formule unique pour aménager un couloir. Tout dépend s’il sert à représenter un univers, « notamment lorsqu’il dessert une suite principale ou un dressing, où des menuiseries aux finitions particulièrement soignées peuvent créer une arrivée mémorable »; ou « à simplement faciliter la circulation entre les pièces. » Sa place dans la maison, ses proportions, sa lumière naturelle et la manière dont il dialogue avec les espaces alentour dicte donc la manière dont le penser. « C’est en comprenant cet équilibre que l’on peut donner à chaque espace une dimension à la fois fonctionnelle et réfléchie. Car certains deviennent de véritables temps forts dans la découverte d’une maison. Lorsqu’ils bénéficient de suffisamment de lumière et de volume, nous aimons y installer des consoles, des miroirs ou des œuvres d’art afin de leur donner du caractère et d’inciter à s’y attarder plutôt qu’à simplement les traverser. Dans ces cas-là, le couloir devient pleinement partie prenante de l’expérience des lieux. » À l’inverse, lorsqu’ils sont essentiellement transitionnels, Edoardo Mapelli Mozzi, à la tête de Banda, préfère les faire disparaître dans l’architecture. Comme ici, dans ce duplex à Milan, « nous y parvenons grâce à des menuiseries toute hauteur qui se fondent parfaitement dans les murs, dissimulant de généreux rangements tout en créant un arrière-plan sobre et épuré. »

AlessandroMoriconi

© Ludovic Balay

Alessandro Moriconi, une approche minimaliste

Au Belmond Castello di Casole, Alessandro Moriconi considère le couloir autrement. « Je ne considère jamais un couloir comme un simple espace de circulation, mais comme une véritable séquence architecturale. C’est un espace qui prépare le regard, donne le rythme et révèle progressivement l’atmosphère de la maison. » Plutôt que de multiplier les objets, le designer d’intérieur a ainsi choisi de laisser l’architecture s’exprimer pleinement, ponctuant simplement le chemin de quelques pièces soigneusement sélectionnées. Une approche minimaliste qui « accompagne le regard sans jamais détourner l’attention de l’espace lui-même. »