* L’Ukraine célèbre ses 35 ans d’indépendance
* Zelensky assure que Kyiv ne capitulera pas face à la
Russie
* Le PM britannique affiche son soutien malgré les menaces
de la Russie
(Actualisé avec déclarations de la Coalition des volontaires
aux paragraphes 9-12)
par Daniel Flynn et Anna Pruchnicka
L’Ukraine veut la paix mais elle
ne se soumettra jamais à la Russie, a déclaré lundi le président
Volodimir Zelensky dans un discours pugnace prononcé à
l’occasion du 35e anniversaire de l’Indépendance de son pays.
Flanqué du Premier ministre britannique Andy Burnham et du
président du Conseil européen, Antonio Costa, le président
ukrainien a salué la résilience de son peuple après plus de
quatre années de guerre.
« L’Ukraine veut absolument la paix, mais elle n’est pas
prête à capituler », a déclaré Volodimir Zelensky, se disant
convaincu que Moscou ne mettrait pas fin à sa guerre d’invasion
si Kyiv acceptait de lui céder davantage de territoires dans
l’est du pays, une des conditions posées par Vladimir Poutine
pour mettre fin au conflit.
Vêtu d’une chemise traditionnelle brodée, le dirigeant
ukrainien a remercié les dirigeants étrangers qui se sont
déplacés à Kyiv pour afficher leur soutien, malgré la menace
constante d’attaques de missiles russes, l’Ukraine étant
confrontée à une pénurie de moyens de défense antiaérienne
américains.
Le Premier ministre britannique Andy Burnham, qui a pris ses
fonctions le mois dernier, a déclaré que son choix de se rendre
à Kyiv pour son premier déplacement à l’étranger témoignait de
l’importance qu’il accorde à l’Ukraine.
« Nous serons à vos côtés dans ce combat jusqu’au bout, de
tout notre coeur et de toute notre âme », a-t-il dit, réitérant
son soutien « malgré les menaces scandaleuses de la Russie à
l’encontre de mon pays ».
La Grande-Bretagne a annoncé lundi qu’elle autoriserait Kyiv
à accéder à une technologie jusqu’ici classifiée afin de lancer
la production de missiles de croisière franco-britanniques à
longue portée de type SCALP, capables de mener des frappes en
profondeur sur le territoire russe.
Réagissant à cette annonce, le Kremlin a accusé Londres de
« jeter de l’huile sur le feu », après avoir déjà dit la semaine
dernière que la livraison de drones britanniques à l’Ukraine
aurait « des conséquences ».
Andy Burnham a co-présidé lundi une réunion virtuelle de la
« Coalition des volontaires » avec le président français Emmanuel
Macron et le chancelier allemand Friedrich Merz.
« (Les dirigeants de cette coalition) ont exprimé leur
détermination à accroître le soutien militaire apporté à
l’Ukraine, à renforcer sa défense aérienne en priorité absolue,
à intensifier la coopération avec son industrie de défense et à
partager les technologies pertinentes, notamment par le biais de
la Coalition antibalistique », lit-on dans un communiqué de la
coalition.
Les missiles balistiques russes ont pilonné les villes
ukrainiennes ces dernières semaines, profitant de l’épuisement
des stocks de missiles intercepteurs Patriot américains du fait
la guerre entre les États-Unis et l’Iran.
« Les dirigeants ont condamné les frappes systématiques et de
plus en plus intenses menées par la Russie contre les villes,
les infrastructures essentielles et les civils ukrainiens, qui
ont causé le plus grand nombre de victimes civiles depuis le
début de l’invasion à grande échelle en 2022 », poursuit le
communiqué de la Coalition des volontaires.
Le président ukrainien a déclaré samedi que l’effort de
guerre de Kyiv était compliqué par un déficit de financement de
27 milliards de dollars cette année. Il a également averti que
la Russie pourrait opter pour une nouvelle escalade en se
préparant à mobiliser quelque 300.000 soldats supplémentaires
après les élections législatives du mois prochain.
Rendant hommage au peuple ukrainien et aux soldats qui
défendent l’Ukraine, Volodimir Zelensky a appelé les alliés à
lui fournir « tout » ce qui est nécessaire pour mettre fin au
conflit. « Nous ne vous demandons pas de vous battre à notre
place », a-t-il répété.
(Reportage de Daniel Flynn à Kyiv, avec la contribution d’Anna
Pruchnicka à Gdańsk ; version française Tangi Salaün et Benoît
Van Overstraeten)