Céline Morand a quasiment toujours vécu à Vitré (Ille-et-Vilaine). J’étais l’aînée de trois filles, confie-t-elle. Mais, à neuf ans, en 1991, sa mère décède subitement d’un cancer. Malgré le soutien de sa grand-mère, Céline Morand prend en charge ses petites sœurs. Je gérais la maison, mon père travaillait de nuit.
Après avoir passé son Certificat d’aptitude professionnelle (CAP) et un Brevet d’études professionnelles (BEP) coiffure. En apprentissage, elle a travaillé au salon Saint-Germain coiffure, à Vitré, pendant dix ans.
En 2013, elle démissionne de son travail, déménage, puis rachète un salon situé rue Garangeot. « Je l’ai appelé Bulle d’Air, c’était ma bulle d’oxygène.
« Ce fut une douche froide »
La vie est sereine avec ses deux enfants et ses clients… jusqu’en 2017. Un cancer de l’utérus lui est diagnostiqué. Elle est opérée en février, puis reprend le travail normalement. Sauf qu’une douleur à l’épaule se fait progressivement sentir. Pour moi, c’était dû au travail, poursuit la coiffeuse.
Céline Morand passe une visite de contrôle à l’hôpital, en septembre de la même année. Une mammographie l’alerte : Je n’avais pas l’habitude de me palper les seins, pourtant j’avais 35 ans. Une échographie a lieu quelques jours plus tard, et là, c’était le bazar. La radiologue me demande d’aller directement à l’hôpital. L a secrétaire du cabinet de radiologie m’avait souhaité bon courage. En partant je pleurais toutes les larmes de mon corps.
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Une ponction du sein gauche est réalisée dans la foulée et, quinze jours plus tard, le verdict tombe : elle est atteinte d’un cancer invasif avec des métastases au niveau de la chaîne ganglionnaire, avec sept tumeurs.
S’ensuit de lourdes opérations, dont une mammectomie totale, une intervention chirurgicale qui consiste à retirer tout ou une partie du sein. Ce fut une douche froide. Au réveil je ne me sentais plus femme. À cela s’ajoutent différentes séances de chimiothérapie, une perte de cheveux, des effets secondaires (douleur et fatigue) et des traitements à vie. C’était horrible, j’étais un zombie , sanglote-t-elle.
« J’avais l’impression d’oublier les femmes »
Un an plus tôt, elle rencontrait Cathy Monnerie, également atteinte d’un cancer du sein. Ensemble, elles créent l’association Les 4C, visant à aider les femmes atteintes d’un cancer du sein à bénéficier de soins non remboursés (perruques, pommades…).
Dans le même temps, elles s’occupent d’octobre rose, reversant les bénéfices à des associations, par le biais de ventes de fleurs ou encore de boucles d’oreilles. En 2021, Cathy Monnerie décède, mais Céline Morand poursuit l’association en sa mémoire et pour toutes les femmes qui se battent.
Fin décembre 2025, elle prend une lourde décision : arrêter l’association. J’avais l’impression d’abandonner les femmes. Un choix fait pour sa santé, pour penser à moi et essayer de retrouver un équilibre et m’assumer d’avantage ».
Aujourd’hui, Céline Morand retrouve confiance en elle et recommence à vivre. Elle continue de tenir son salon de coiffure, sa bulle d’air.