Replanter de la posidonie permet, à terme, de faire revenir de la faune sous-marine.

/ Photo Philippe LAURENSON

La posidonie – il s’agit bien d’une plante et pas d’une algue – joue un rôle fondamental pour l’écosystème marin et l’oxygénation de la mer Méditerranée. Et c’est pour cela qu’il s’agit d’une espèce protégée depuis 1988. Partout où ils se trouvent, les herbiers de posidonie sont étudiés par les scientifiques, les spécialistes de la biologie marine. À cause du frottement des ancres, de la pollution, du béton et des dépôts en tout genre dans les fonds, la posidonie a disparu pendant longtemps des eaux du port municipal de La Vesse, au Rove.

En 2023, c’est une restriction de la zone de mouillage – il s’agissait de passer d’une soixantaine à une vingtaine de bouées pour les bateaux – qui a donné des idées au comité des calanquais de la Vesse (CCV) pour remettre de la vie, et de la posidonie dans le port.

Plus d’un hectare de fonds marins s’est retrouvé libéré avec l’évolution du mouillage, et ceux-ci présentaient une grande variété de densités et de substrats. Un terrain idéal pour les tests à mener. C’est ainsi que durant l’hiver 2023 et 2024, les équipes du comité des calanquais se sont attelés à retirer des sols les anciens mouillages, bouées, chaînes et blocs de pierre compris. Ils s’employèrent par la suite à nettoyer le fond, et retirèrent près de 33 tonnes de bétons.

C’est sur cette zone dégradée par le temps et le passage des bateaux que le Parc marin de la Côte Bleue a décidé d’engager une réimplantation de l’herbier avec l’appui scientifique du GIS Posidonie (Groupement d’intérêt scientifique pour l’environnement marin).

Depuis 2025, les 1,57 hectare libérés par la disparition des mouillages sont peu à peu replantés avec des milliers de boutures de posidonie. Ces plants sont soit récupérés sur des herbiers voisins, soit sur des spécimens abîmés par les ancres ou les tempêtes. Cette opération devrait se poursuivre jusqu’au printemps 2027. Ensuite débutera un suivi régulier de ces implantations.

La surveillance des zones

Dans cette opération conduite par le Parc marin de la Côte Bleue, maître d’ouvrage, et financée en grande partie par l’Agence de l’eau, le GIS Posidonie apporte son expertise en matière d’écologie marine et le CCV sa connaissance du territoire et sa présence sur place. Ce qui lui permet une surveillance continue de la zone dédiée au bouturage. Celle-ci est délimitée par des bouées jaunes et le mouillage est strictement interdit.

Le trésorier, Didier Frati, et le président, Jean-Claude Mondet, du CCV en compagnie de Juliette Dedet du Parc Marin de la Cote bleue.Le trésorier, Didier Frati, et le président, Jean-Claude Mondet, du CCV en compagnie de Juliette Dedet du Parc Marin de la Cote bleue. / Photo M.G.

En même temps, une autre opération de sauvegarde de la posidonie est menée non loin de La Vesse, sur la plage de Figuerolles, toujours au Rove. Si cette dernière n’est pas concernée par les opérations de bouturage, l’accès est interdit aux engins à moteur (et donc au mouillage) dans une zone délimitée, elle aussi, par des bouées jaunes. La police nationale et les affaires maritimes veillent au respect de cette mesure.