Posted On 23 août 2026

Le média TG+ révèle un détail qui en dit long sur le malaise qui ronge la famille verte : le nom d’Éric Piolle est absent du livret officiel remis aux 2000 participants, et l’édito de bienvenue qu’il avait rédigé pour l’occasion a été retiré avant impression. À l’ouverture des journées d’été des écolos, Laurence Ruffin le faisait applaudir sur scène pour tenter de faire oublier cette volonté de le camoufler de son propre parti…

TG+ : « les écologistes débarquent à Grenoble sans égard pour Eric Piolle »…
LE NOM DE PIOLLE EFFACÉ DU LIVRET DES VERTS

Le livret d’accueil des Journées d’été met pourtant en avant ce qu’il considère comme des « réalisations phares » des deux derniers mandats en matière de déplacements, de démocratie participative et d’avancées sociales. Mais dans cette longue liste, aucune mention du maire qui les a portées pendant douze ans, ni parmi les 63 ateliers programmés. Contacté par TG+, Éric Piolle confirme lui-même « cette petite tendance à l’effacement » qu’il dit avoir ressentie. Son édito, où il évoque avoir « passé le relais » à Laurence Ruffin, a été retiré du livret avant sa parution.

SUR SCÈNE, RUFFIN LE FAIT APPLAUDIR !

L’ironie est cruelle. Jeudi, sur cette même scène du campus de Saint-Martin-d’Hères, Laurence Ruffin faisait applaudir Éric Piolle, le remerciant d’avoir « transformé » la ville et confirmant qu’elle n’une héritière dans sa plus droite lignée, comme nous le rapportions hier. Mais le même homme a disparu du support écrit destiné aux 2000 militants venus de toute la France. On retrouve un peu le fonctionnement de Ruffin pendant la campagne : les Écologistes veulent visiblement le bilan qui les arrange de Piolle, sans jamais avoir à assumer publiquement l’homme.

En ouverture des journées d’été, Ruffin faisant applaudir Piolle, heureuse de ce qu’il a fait pour la ville…
UNE GUERRE INTERNE DÉJÀ ANCIENNE ENTRE TONDELIER ET PIOLLE

Cet embarras des Verts n’est pas nouveau. En 2021, lors de la primaire écologiste, Éric Piolle avait choisi une jeune militante pour diriger sa campagne : Marine Tondelier. Cinq ans plus tard, devenue secrétaire nationale et candidate à la présidentielle, elle œuvrait en coulisses pour l’empêcher de redevenir porte-parole du parti, soutenant un candidat peu connu, Guillaume Hédouin, contre son ancien mentor. Les militants ne l’avaient pas suivi et avaient voté pour Piolle. Qu’à cela ne tienne : il sera suspendu quelques mois plus tard.

LA VRAIE RAISON DE LA MISE À L’ÉCART : L’AFFAIRE DES 400 EUROS

Une simple rivalité personnelle ne suffit pas à expliquer cette suspension. Cet embarras, Piolle le doit à l’affaire judiciaire qui lui colle aux fesses. Les dirigeants écologistes l’ont officiellement justifiée par l’enquête pour « concussion » et « recel de délit » le visant depuis juin 2024, dans un système présumé de rémunérations occultes révélé par le Canard Enchaîné. Un ancien collaborateur du cabinet du maire, Enzo Lesourt, aurait perçu 600 euros supplémentaires par mois pour en rétrocéder 400 en espèces à Élisa Martin, alors première adjointe, aujourd’hui députée LFI de Grenoble. 

DEUX ANS D’ENQUÊTE ET UN SILENCE ASSOURDISSANT

Cette affaire traine en longueur. 2 ans après l’ouverture de l’enquête préliminaire par le parquet de Grenoble, le 5 juin 2024, aucune mise en cause ni condamnation n’a été prononcée. Le 24 mars 2025, le parquet général a ordonné le dépaysement du dossier vers Valence, afin de garantir l’impartialité de la direction d’enquête. Plus d’un an s’est écoulé depuis cette décision. Et depuis, silence total : aucune information publique n’a permis de connaître le moindre élément d’avancement, comme le souligne l’avocat et conseiller municipal d’opposition Thierry Aldeguer dans un courrier adressé ce jeudi au procureur.

L’affaire Piolle/Martin révélée en juin 2024, quel la justice met décidément bien du temps à instruire.
RÉCONCILIER GRENOBLE, VIGIE INSTITUTIONNELLE POUR LES GRENOBLOIS

Dès juin 2024, Thierry Aldeguer, alors avocat et pas encore élu, avait demandé au maire de l’époque que la Ville de Grenoble se constitue partie civile, avec un représentant de l’opposition désigné à cet effet – aucun élu de la majorité ne pouvant légitimement porter cette mission puisque l’enquête visait ses propres représentants. Aujourd’hui conseiller municipal, il rappelle au procureur que la Ville « est susceptible d’avoir été lésée » et réclame, en toute légitimité, un état d’avancement du dossier.

LA FÊTE DES TUILES, UN PRÉCÉDENT QUI NE RASSURE PAS

Le précédent n’incite guère à l’optimisme. La procédure pour favoritisme liée à la Fête des Tuiles, elle aussi dépaysée à Valence, avait mis cinq ans à aboutir : révélée en 2018, jugée seulement en 2022, elle ne s’est soldée qu’en septembre 2023 par une amende de 8000 euros avec sursis contre Éric Piolle. Si le dossier Piolle/Martin suit le même tempo judiciaire, les Grenoblois pourraient attendre jusqu’en 2029 pour en connaître le fin mot…

L’ex collaborateur très proche de Piolle, Enzo Lesourt, aujourd’hui en procédure contre lui, décrit un système « dégueulasse » pour parler de cette affaire
LA LENTEUR (CALCULÉE ?) DU PROCUREUR LAURENT DE CAIGNY 

Cette lenteur porte un nom : Laurent de Caigny, procureur de Valence depuis 2022, en charge du dossier Piolle/Martin depuis son dépaysement. C’est le même magistrat qui, en 2022, n’avait requis aucune peine contre Éric Piolle dans l’affaire de la Fête des Tuiles. C’est aussi lui qui, dans le dossier Crépol où un jeune est mort poignardé, a souhaité écarter par deux fois le racisme anti-blanc pourtant retenu par les juges d’instruction. Des éléments qui éclairent sur sa sensibilité politique et posent question sur sa manière de traiter le dossier. 

RUFFIN NE S’EST JAMAIS EXPRIMÉ SUR CETTE AFFAIRE

Ce feuilleton fragilise un parti qui prétend incarner, selon les mots mêmes de Marine Tondelier, « des radicaux du collectif, de l’éthique, de l’exemplarité ». On y croit ! Mais il abîme surtout l’image de Grenoble, et à ce titre, le silence de Laurence Ruffin est une honte pour la ville qu’elle est censée représenter. Parce qu’elle a été désignée par Piolle pour lui succéder, son mutisme a tout de la solidarité de système, potentiellement sur le dos du contribuable grenoblois dans cette affaire.

Source Hervé de Greuh!noble
LA CONTINUITÉ EMPOISONNÉE

Ce silence sur le dernier aspect le plus gênant de la mandature Piolle n’est qu’un symptôme parmi d’autres d’une réalité que Laurence Ruffin s’efforce depuis son élection de maquiller : elle n’a rompu ni avec l’homme, ni avec le système qu’il a bâti pendant 12 ans. Au point de le faire applaudir jeudi tandis que son propre parti embarrassé par ses affaires judiciaires s’en détache. Il revient à la justice de désormais faire son travail pour espérer en finir avec un tel fonctionnement.