Le CHU de Toulouse a annoncé en
août 2026, par communiqué, un suivi scientifique prévu durant trois
années autour de cellules tumorales capables de subsister malgré un
traitement ciblé. Mondialement, aucune autre tumeur pulmonaire ne
provoque autant de décès. Pourtant, l’imagerie médicale laisse
échapper ces survivantes microscopiques. Depuis son Centre de
recherche en cancérologie, l’établissement toulousain tente donc
d’anticiper la rechute du cancer du poumon sans attendre qu’un
premier signe clinique devienne perceptible chez le malade
concerné.

De rares survivantes préparent une rechute du cancer
pulmonaire

Sous traitement ciblé, presque chaque malade connaît malgré tout
une récidive à terme. Leur principe consiste à viser précisément
certaines
anomalies génétiques
tumorales, notamment celles touchant EGFR.
L’efficacité peut durer des mois, quelquefois des années, avant de
disparaître. Une minuscule population cancéreuse réussit alors à
survivre au médicament. Les scientifiques appellent ce réservoir
persistant maladie résiduelle minimale.

Cette maladie résiduelle minimale reste pourtant indétectable
aussi bien au scanner qu’à la
radiographie
. Afin de la suivre autrement, les scientifiques
toulousains observeront 50 personnes pendant trois années. Toutes
présentent un adénocarcinome pulmonaire porteur d’une mutation
EGFR. Chacune reçoit l’osimertinib, traitement ciblé déjà utilisé
en clinique. Des prélèvements sanguins répétés permettront ensuite
d’isoler les cellules tumorales passées dans la circulation.

Une analyse sanguine peut signaler ce que l’imagerie ignore
encore

D’infimes quantités de cellules libérées par la
tumeur
passent effectivement dans la circulation sanguine. Leur
étude correspond à une biopsie liquide. Plutôt que d’extraire
directement un fragment tumoral, cette méthode nécessite uniquement
un prélèvement sanguin. L’équipe toulousaine y recherchera la
signature moléculaire associée à une résistance à l’osimertinib.
Elle espère retrouver ces marqueurs très tôt, dès les premières
semaines, alors même que l’imagerie indique toujours une régression
tumorale.

Le budget, proche de 600 000 euros, vient d’un soutien conjoint
assuré par l’Institut national du cancer avec la Direction générale
de l’offre de soins. Cette enveloppe a été attribuée via l’appel à
projets « Programme de recherche translationnelle en cancérologie »
édition 2025-2026. Ici, l’expression « recherche translationnelle »
correspond au transfert immédiat d’acquis issus du
laboratoire
vers le chevet du patient.

Détecter cette population persistante ne suffirait toutefois
pas. L’équipe espère aussi faire émerger d’autres cibles
thérapeutiques. Une molécule supplémentaire pourrait supprimer ce
réservoir avant qu’une nouvelle masse tumorale se reforme. Elle
serait administrée avec le traitement ciblé dès les soins initiaux,
plutôt que d’attendre une récidive. Cette hypothèse reste
incertaine, car le protocole conserve un caractère observationnel
avec un effectif réduit.

COALA entend accélérer l’accès aux
prochaines thérapies

COALA encadre ce projet mené à Toulouse. Consacré au cancer
bronchique, ce réseau fait travailler ensemble cliniciens,
scientifiques et malades. Pneumologue oncologue, également
chercheur Inserm, Julien Mazières en assure la direction afin
d’accélérer l’accès aux innovations thérapeutiques. Son équipe
possède déjà des années de travaux consacrés aux biopsies liquides,
notamment à l’ADN tumoral circulant.

Le recrutement débutera au CHU de Toulouse avec ses participants
initiaux, suivis durant trois ans. Après prélèvement, chaque
échantillon rejoindra un congélateur. Chacune de ses cellules sera
ensuite analysée séparément. Toutefois, aucun résultat
n’influencera les soins actuellement dispensés, qui continueront
d’associer l’osimertinib à des contrôles par imagerie.