Depuis l’invasion à grande échelle de l’Ukraine voisine il y a quatre ans, la Pologne, où vivent désormais près d’un millier d’Ukrainiens, célèbre chaque année la journée de l’indépendance ukrainienne. Mais cette édition se déroule dans un contexte particulièrement tendu.
Publié le : 25/08/2026 – 01:02Modifié le : 25/08/2026 – 01:23
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Avec notre correspondant à Varsovie, Adrien Sarlat
Depuis le début de l’été, une vague de haine anti-Ukrainiens monte dans le pays, alimentée par la droite nationaliste et la désinformation russe sur les réseaux sociaux. En ce jour de célébration, dimanche 24 août 2026, le face-à-face avec les nationalistes était inévitable.
En s’éloignant du rassemblement célébrant l’amitié polono-ukrainienne, Stanislawa s’est rapidement retrouvée encerclée par des contre-manifestants, agacés par le drapeau ukrainien qu’elle brandissait.
« Ma grand-mère a été tuée brutalement dans les Basses-Carpates par les nationalistes ukrainiens. Ça vous fait rire quand on parle de la tragédie qui s’est déroulée là-bas ? », l’interpelle Magdalena.
« Bien sûr que non, ça ne me fait pas rire, mais je me demande pourquoi tant de gens, comme vous, continuent de vivre dans le passé. […] On devrait aller de l’avant, main dans la main avec l’Ukraine, contre Poutine », lui répond Stanislawa.
Le poids de la mémoire de Volhynie
Cette scène illustre parfaitement les tensions qui traversent le pays autour de la mémoire des massacres de Volhynie, perpétrés durant la Seconde Guerre mondiale. Le souvenir des 100 000 Polonais massacrés est régulièrement mis en avant ces dernières semaines pour justifier une vague de haine et des actes d’agression visant des Ukrainiens.
« La situation actuelle en Pologne ne me plaît pas du tout. Tous les jours, je lis qu’un enfant ou qu’un citoyen ukrainien s’est fait tabasser par ce genre de personnes. Et ça m’inquiète », confie Stanislawa.
Cette année, les organisateurs de la fête de l’indépendance n’ont pu compter que sur deux sponsors pour financer l’événement, contre une vingtaine les autres années. Les équipes de sécurité ont également été renforcées par crainte de débordements ou de violences.
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