Seul l’intouchable Lorenzo Finn a fait mieux que lui ce lundi sur chrono en bosse du Tour de l’Avenir. Entre Les Carroz et le col de la Pierre Carrée, Ugo Fabries a pris la 2e place à 34 secondes de l’Italien. Une performance qui lui permet de rentrer dans le Top 10 du classement général, avant la terrible étape de ce mardi entre Châtillon-sur-Cluses et le col de l’Iseran. Pendant qu’il tournait les jambes sur home-trainer pour récupérer, le coureur d’UAE Team Emirates Gen-Z a fait le point pour DirectVelo.
DirectVelo : Tu termines 2e de chrono en bosse !
Ugo Fabries : Je suis super content. Je pense que si on m’avait dit que j’allais faire 2e derrière Lorenzo (Finn), j’aurais signé. J’avais juste fait un chrono en bosse avant celui-là, c’était il y a un mois au Tour du Val d’Aoste. Faire une trentaine de minutes à fond, c’est quelque chose que j’aime bien. Ça m’arrivait en cyclo-cross quand j’étais plus jeune… Ce n’est pas le genre de chose qu’on fait beaucoup à l’entraînement, mais étant donné que je ne monte pas beaucoup de cols, dès que je fais des cols d’une trentaine de minutes, c’est plus ou moins la longueur de l’effort. Je sais ce que je peux tenir à la sensation.
« JE N’AURAIS PAS PU ALLER 30 SECONDES PLUS VITE »
Comment as-tu géré ton effort ?
J’avais mes données de puissance du Val d’Aoste, mais je savais qu’il ne fallait pas que je les suive parce que ça n’avait rien à voir. Au Val d’Aoste, c’était le premier jour et il faisait moins chaud. Là, c’est le cinquième jour de course. Il n’y a pas forcément encore trop de fatigue physique, mais il y avait beaucoup de tension nerveuse ces derniers jours. J’avais un ordre d’idée de comment gérer mon effort, mais je n’ai pas mis de plan. J’ai juste poussé ce que je pouvais pousser.
Tu termines à 34 secondes de Lorenzo Finn. Difficile d’avoir des regrets…
Je n’aurais pas pu aller 30 secondes plus vite (sourire). Je pense que si on m’avait arrêté en plein milieu du chrono, sans avoir la moindre information, et qu’on me demandait comment ça allait, j’aurais répondu pas super. Il y a un moment où je n’ai pas été aussi fort que je l’aurais voulu. Je m’attendais peut-être à être un peu mieux à un moment, mais du coup je n’ai pas non plus explosé dans le final.
« ON DEVRAIT POUVOIR JOUER SUR DEUX TABLEAUX »
Tu es 6e du général à 2’18’’ de Lorenzo Finn… Comment imagines-tu la suite ?
L’étape de demain (mardi) est tellement dure avec près de 5000 mètres de dénivelé. On a aussi Mateo (Ramirez) dans l’équipe (il est 14e à 3’15 », NDLR). C’est une étape parfaite pour lui entre l’altitude, la longueur et la difficulté. Il sera encore meilleur que moi je pense, à moins que je sois encore dans une très bonne journée. On devrait pouvoir jouer sur deux tableaux, ce qui est intéressant. Mais le leader et le plus fort en théorie, c’est encore Mateo.
Ça doit te faire du bien car tu n’as pas eu la saison espérée…
J’espérais mieux cette saison, c’est sûr. On va dire que j’espérais pouvoir être parmi les meilleurs sans avoir à trop batailler. Finalement, j’ai eu un début de saison pas forcément génial. Ce qui n’est pas forcément surprenant avec ma blessure de fin de saison derrière. Il a fallu que je me remette, et ça a pris du temps. Depuis que j’ai commencé ma préparation pour le Tour d’Italie Espoirs, j’ai eu un très bon programme. La préparation pour l’Avenir a été parfaite. J’étais super bien, donc il n’y avait plus qu’à faire ce genre de performances.