Posted On 25 août 2026

Vendredi 21 août aux alentours de minuit, une rafale de kalachnikov a déchiré la nuit du quartier Mistral, à quelques mètres du point de deal des 72 et 74 avenue Rhin-et-Danube. De nombreux riverains ont entendu les tirs ; les policiers ont retrouvé sur place des étuis de calibre 7,62 mm. Par chance, aucune victime n’est à déplorer. Après l’été des voitures qui brûlent, l’été des armes de guerre qui claquent…

UNE NUIT DE PLUS SOUS LE SIGNE DE LA KALACHNIKOV

Le Dauphiné Libéré explique que ce nouvel épisode s’inscrit dans un « chapitre supplémentaire » de la guerre ouverte que se livrent, coup pour coup, le réseau de la cité Mistral et celui de la place Beaumarchais à Échirolles. Les enquêteurs ont dû vérifier l’ensemble des hôpitaux et cliniques de l’agglomération avant de pouvoir confirmer qu’aucun blessé par balle n’était à déplorer cette nuit-là. Une confirmation qui relève presque du miracle, tant l’intensité de la rafale entendue par les riverains a marqué les esprits.

Le Dauphiné Libéré.
UNE GUERRE OUVERTE ENTRE DEUX RÉSEAUX

Cette attaque du 21 août intervient quelques jours après une double fusillade avenue des États-Généraux à Échirolles, près du point de deal Beaumarchais. Dans la nuit du 14 au 15 août, trois coups de feu retentissent d’abord vers 23 heures, avant que deux hommes à trottinette n’ouvrent le feu vers 2 heures du matin, kalachnikov et arme de poing en main. Poursuivi par des jeunes du quartier, l’un des agresseurs, 17 ans, est mis en examen pour tentative de meurtre et placé sous mandat de dépôt.

DES TUEURS À GAGES VENUS DE RÉGION PARISIENNE

Dix jours plus tôt déjà, le 11 août vers 2 heures, un autre épisode que les enquêteurs relient à cet affrontement s’est produit à Mistral : 4 hommes à bord d’une voiture volée dans la Drôme ont pris la fuite à pied devant la brigade anticriminalité. Dans le véhicule abandonné, les policiers ont découvert un bidon d’essence et une kalachnikov. Deux des suspects interpellés, âgés de 18 ans, sont originaires du Val-d’Oise. Tout porte à croire qu’il s’agissait de tueurs à gages venus exécuter un contrat, comme c’est désormais monnaie courante dans cette guerre pour le contrôle du trafic.

UNE CRIMINALITÉ QUI SE MILITARISE

Kalachnikovs, tueurs à gages recrutés à plusieurs centaines de kilomètres : la criminalité grenobloise n’a plus rien d’artisanal. Les dizaines de points de deal de l’agglomération génèrent entre 10 000 et 30 000 euros de chiffre d’affaires quotidien : un enjeu financier qui justifie, aux yeux des réseaux, l’investissement dans des armes de guerre et des exécutants venus de loin. Une professionnalisation qui devrait, logiquement, appeler une réponse à la hauteur. Elle se heurte, à Grenoble, à une doctrine municipale figée depuis plus d’une décennie, que ce soit sous Piolle ou sous Ruffin.

Il y a au moins un commerce florissant à Grenoble : le trafic de drogue. Source Hervé de Greuh!noble
UNE COMPTABILITÉ MACABRE QUI NE FAIBLIT PAS

Depuis le début de l’année, neuf personnes ont trouvé la mort dans l’agglomération grenobloise sur fond de narcotrafic, rappelle le Dauphiné Libéré. La mort par arme à feu est devenue, à Grenoble, une donnée statistique récurrente anormalement élevée et malgré cela, rien ne semble pouvoir infléchir une idéologie locale infusée par les Verts de refus de toute mesure sécuritaire. Comme s’il fallait s’accoutumer à ce degré de violence. 

APRÈS LES INCENDIES, LES ARMES DE GUERRE : L’ÉTÉ DE TOUS LES SIGNAUX

Cette accumulation de fusillades prolonge, sous un autre aspect, le phénomène d’insécurité estivale que nous décrivions hier avec les voitures qui brûlent chaque nuit dans toute l’agglomération, de Grenoble à Fontaine en passant par Échirolles et Saint-Martin-d’Hères. Aujourd’hui, ce sont des rafales de kalachnikov qui déchirent le silence des quartiers. 2 symptômes distincts, un seul et même diagnostic : une ville où l’impunité s’est installée durablement, faute de vidéoprotection efficace, de centre de supervision opérationnel et de volonté politique de s’attaquer frontalement au problème.

UNE MUNICIPALITÉ SANS MOYENS FACE À LA MONTÉE EN GAMME

Car face à cette professionnalisation de la violence armée, l’arsenal municipal reste dérisoire : une vingtaine de caméras de vidéoprotection jugées utiles par le procureur lui-même, quand Vienne, ville cinq fois plus petite, en aligne près de deux cent cinquante. La police municipale demeure désespérément désarmée, ce qui la conduit à ne pas pouvoir intervenir dans des secteurs sous le joug des trafiquants. Tout ce terreau criminel est entretenu par l’inaction de la collectivité.

Grenoble compte 118 caméras théoriques (moins que toutes les villes comparables). À celles-ci il faut enlever celles en panne et non remplacées. Résultat : le Procureur en dénombre une vingtaine utiles !
UN PROGRAMME SUR LA TABLE DEPUIS DES ANNÉES, TOUJOURS IGNORÉ

Le groupe Réconcilier Grenoble présidé par Clément Chappet réclame depuis le début du mandat les mesures nécessaires pour apporter une réponse au niveau à l’emprise de la délinquance qui ne cesse de s’étendre, sans qu’aucune n’ait jamais été mise en œuvre. Combien de rafales de kalachnikov et combien de morts supplémentaires faudra-t-il avant que la majorité accepte enfin de sortir de son déni idéologique et d’agir pour la sécurité des Grenoblois ?