Par

Anaëlle Montagne

Publié le

25 août 2026 à 7h28

« Pourquoi avez-vous omis de réintégrer le quartier semi-liberté ? », lâche la présidente de l’audience, Gonca Murat. Face à elle, Yohan G., 21 ans, donne une explication qui en dit long sur ses conditions d’incarcération à la prison de Toulouse-Seysses. Le jeune homme fluet à la fine moustache était emprisonné pour violences aggravées depuis mai 2025 et s’est évadé – dans le sens où il n’a pas regagné la maison d’arrêt – alors qu’il lui restait à peine six semaines à tirer.

Pendant 12 jours, il restait introuvable, malgré la fiche de recherches dont il faisait l’objet. Jusqu’à ce qu’il se fasse contrôler sans billet, dans un train qui reliait Auch à Toulouse, le 23 juin 2026… et qu’il décline sa véritable identité, sans rechigner.

C’est quoi, une peine aménagée en semi-liberté ?

Le quartier semi-liberté est une zone de la prison dédiée aux détenus qui effectuent une peine aménagée sous le régime de semi-liberté. Cette mesure vise à accompagner la préparation du détenu au retour à la vie normale : la personne exerce une activité en dehors de la prison puis revient à l’heure convenue, chaque jour. Elle doit bien sûr respecter les conditions mises en place (horaires, interdiction de fréquenter des personnes, indemnisation des victimes…).

«Ils voulaient que je fasse rentrer de la coke »

Loin de nier les faits reprochés, Yohan G. explique ce qui l’aurait poussé à ne pas regagner la prison. En voulant regagner la maison d’arrêt le 11 juin, « il y a des personnes qui m’attendaient devant l’Intermarché de Seysses où il y a l’arrêt de bus », commence-t-il depuis le box des prévenus, dans la salle sombre où il est jugé ce vendredi 21 août.

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« Ces gens m’ont demandé de faire rentrer de la drogue, de la coke. Je n’ai pas voulu la faire rentrer et j’ai été menacé. »

Vidéos : en ce moment sur ActuIl aurait été menacé et filmé

Le jeune homme explique qu’il a alors appelé sa grand-mère ainsi que les responsables du quartier semi-liberté pour les prévenir. « Ils m’ont dit de revenir, alors j’ai essayé, mais il y avait ces gens qui m’attendaient », avance le prévenu. « Pendant plusieurs jours j’ai appelé, les surveillants m’ont demandé de donner les prénoms de ceux qui voulaient que je fasse rentrer de la cocaïne… »

Yohan G. affirme également avoir été menacé par des détenus, qui l’auraient violenté et filmé avant de diffuser la vidéo dans les bâtiments principaux, sur la base qu’il serait « une balance ». « Moi, je voudrais juste finir ma peine ailleurs », souffle le jeune homme.

Déjà évadé l’an passé

Seul bémol dans le dossier du prévenu : il a déjà été condamné pour s’être « évadé » (ici, pour n’avoir pas respecté les mesures de sa peine aménagée sous bracelet électronique, N.D.L.R.), pendant trois jours durant l’été 2025. « C’était parce que ma fille était hospitalisée, je ne pouvais pas la laisser », assure Yohan G. « J’avais aussi appelé les personnes responsables dans la prison pour les prévenir… »

Face à ce dossier, la procureure Marie Caumont requiert sa condamnation à cinq mois ferme : « Je ne peux pas demander l’aménagement de sa peine, étant donné qu’il est jugé précisément parce qu’il ne l’a pas respectée. »

Au terme du délibéré, Yohan G. a finalement été condamné à trois mois de prison ferme.

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