Une juge américaine a repoussé lundi l’ouverture du procès d’un Lybien accusé d’avoir préparé la bombe de l’attentat de Lockerbie, en raison de «nouvelles preuves découvertes» près de 38 ans après le drame qui avait fait 270 morts en Écosse.
Le procès aux États-Unis d’Abou Agila Mohammad Massoud Kheir al-Marimi, ancien membre des services de renseignement du dictateur lybien Mouammar Kadhafi, devait initialement débuter mercredi.
Mais la juge fédérale Dabney Friedrich a fait état de «nouvelles preuves découvertes», pour certaines «à l’étranger», et elle a estimé justifié le report sollicité par la défense de l’accusé.
La magistrate n’a pas arrêté de nouvelle date pour le procès. Une audience est fixée au 1er septembre pour faire le point sur le dossier.
Détenu aux États-Unis depuis son extradition en 2022 par la Libye, Massoud a plaidé non coupable des charges retenues contre lui, notamment de «destruction d’un avion ayant entraîné la mort». Il encourt la prison à vie.
Le 21 décembre 1988, un Boeing 747 de la Pan Am reliant Londres à New York avait explosé au-dessus du village écossais de Lockerbie, tuant les 259 passagers et membres d’équipage et 11 personnes au sol.
Cet attentat est le plus meurtrier jamais commis sur le territoire du Royaume-Uni, mais aussi le deuxième plus meurtrier contre des Américains après les attentats du 11 septembre 2001, puisque 190 victimes étaient ressortissantes des États-Unis.
À ce jour, une seule personne a été condamnée pour cette attaque: le Libyen Abdelbaset Ali Mohamed al-Megrahi a écopé d’une peine de prison à vie en 2001 après un procès devant un tribunal pénal écossais établi en terrain neutre, aux Pays-Bas.
Libéré le 20 août 2009 par la justice écossaise en raison d’un cancer en phase terminale, al-Megrahi avait reçu un accueil triomphal à son retour à Tripoli. Il est décédé en 2012.
AFP