Même l’ordinateur ne sait pas toujours distinguer les jumeaux. Une femme qui vit au Royaume-Uni depuis huit ans n’a pas pu rentrer chez elle après ses vacances en Espagne au début du mois d’août, rapporte Politico. On lui a refusé l’embarquement à l’aéroport car son statut de résidente permanente n’apparaissait pas dans le système. La faute à une erreur du ministère de l’Intérieur britannique, qui a associé son statut à l’identité de sa sœur jumelle.

« Si je n’avais pas passé des heures au téléphone à essayer de régler le problème, je n’ai aucune idée de combien de temps j’aurais pu rester bloquée à l’étranger », a-t-elle déclaré. Pour bien comprendre l’origine du problème, il faut remonter à l’époque du Brexit. Il avait alors été décidé d’attribuer à tous les ressortissants de l’UE résidant déjà au Royaume-Uni le statut de résident permanent.

Des erreurs

Ce statut ne leur a été donné qu’à travers un e-visa stocké dans un système informatique. Depuis plusieurs années, il apparaît que ce système du ministère de l’Intérieur est truffé d’erreurs. Parfois, le statut d’immigration d’une personne se retrouve lié au compte e-visa d’une autre. Les personnes aux identités similaires, comme les jumeaux, sont aussi confondues.

Ces différents cas ont amené the3million, une organisation qui milite pour les droits des citoyens de l’UE résidant au Royaume-Uni, à réagir. Dénonçant un système entièrement numérique conçu « hâtivement », elle demande à ce « que les gens disposent d’un moyen véritablement stable de prouver leur statut », selon les mots de sa directrice générale par intérim, Monique Hawkins. L’organisation aurait déjà plusieurs fois sollicité une action du ministère de l’Intérieur, sans obtenir satisfaction.

Des situations rares ?

De son côté, le ministère continue de défendre son système, qui serait utilisé « avec succès » par plus de 10 millions de personnes. « Dans les rares cas où des erreurs sont identifiées, la plupart sont résolues en moins de 24 heures », a déclaré un porte-parole.

Dans le cas récemment survenu, la femme a finalement pu embarquer, à ses frais, sur un autre vol. Son assureur l’a invitée à demander une indemnisation au ministère pour le second billet acheté. Une sollicitation qui n’est pas certaine d’aboutir.