En déplacement à Moscou, le secrétaire pour les Relations avec les États du Saint-Siège, Mgr Paul Richard Gallagher, a appelé la Russie et l’Ukraine à engager de « véritables négociations » pour mettre fin au conflit. Cette visite, la première d’un haut responsable du Vatican en Russie depuis le début de la guerre, illustre la volonté de Rome de maintenir ouverts les canaux de dialogue avec les deux parties.
Le chef de la diplomatie du Vatican, Paul Richard Gallagher, a appelé mardi la Russie et l’Ukraine à des négociations pour mettre fin à la guerre en Ukraine, à l’occasion d’une rare rencontre avec son homologue russe à Moscou. Cette visite d’un haut responsable du Saint-Siège en Russie est la première depuis novembre 2021, soit avant le déclenchement de l’offensive russe contre l’Ukraine en février 2022. Elle est fondée sur la tradition diplomatique du Vatican de neutralité active et de refus de rompre le contact avec les parties au conflit, même si les relations avec Moscou se sont nettement dégradées.
Véritables négociations
« Le Saint-Siège exhorte les deux parties à faire preuve d’ouverture et de bonne volonté » en vue de « mettre fin aux hostilités et à entamer de véritables négociations », a déclaré Mgr Gallagher au cours de sa rencontre avec le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov. « Cette guerre doit cesser », a lancé l’archevêque, regrettant que « le conflit continue de s’étendre » et que « le nombre des victimes ne cesse d’augmenter », les deux belligérants étant engagés depuis des mois dans une intensification de leurs frappes de longue portée. « Plus le conflit se prolonge, plus il sera difficile de parvenir à une solution adéquate », a souligné Mgr Gallagher, précisant vouloir aborder avec son homologue russe avant tout les questions humanitaires telles que le sort des prisonniers de guerre et l’aide aux blessés.
M. Lavrov a de son côté salué la « position mesurée » du Vatican sur l’Ukraine, tout en insistant sur la nécessité de « s’attaquer aux causes profondes » du conflit afin de le régler. Il a également évoqué auprès de Mgr Gallagher la situation de la langue russe et des russophones en Ukraine, ainsi que la « campagne visant à anéantir l’Eglise orthodoxe ukrainienne canonique ». L’Ukraine s’est dotée en 2018 d’une Eglise orthodoxe indépendante de Moscou et multipliée depuis les poursuites criminelles et les expropriations à la rencontre de l’Eglise traditionnellement rattachée à la Russie, bien que celle-ci ait coupé les ponts avec cette dernière après le début du conflit.
Continuité avec François
Ce déplacement fait suite au voyage de Mgr Gallagher en Ukraine en juillet dernier, lors duquel il avait notamment pu s’entretenir avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky. « Le Saint-Siège est proche de l’Ukraine et en soutient pleinement l’intégrité territoriale », avait alors assuré l’archevêque britannique. Il semblait ainsi prendre ses distances avec certaines formulations du pape François, qui avaient au contraire donné l’impression d’inviter les autorités ukrainiennes à capituler.
Mais à Rome, les sources vaticanes assurent que le pontificat de Léon XIV se situe en pleine continuité avec celui de François sur ce dossier sensible : bien que la guerre se poursuit sans véritable perspective de règlement à court ou moyen terme, le Saint-Siège entend maintenir ouverts les canaux de dialogue avec Kiev comme avec Moscou.