« Un véritable camouflet », avait dénoncé le syndicat policier Alliance, en apprenant la remise en liberté du chauffeur qui avait volontairement percuté un véhicule de la Bac (Brigade anti-criminalité) alors qu’il circulait à contresens dans une voiture volée. L’homme a été jugé ce lundi 24 août, en comparution immédiate. Laissé libre, il a pu s’enfuir du tribunal avant le prononcé de la peine.

Deux policiers blessés dans la collision

Petit rappel des faits. Jeudi 20 août, vers 2 h, un équipage de police secours a voulu contrôler les trois occupants d’une Renault Clio signalée volée qui circulait avenue Tony-Garnier à Lyon 7. L’automobiliste, encagoulé, a refusé de s’arrêter. Et il a volontairement percuté un véhicule banalisé de la brigade anticriminalité venu en renfort, alors qu’il roulait à contresens, à l’intersection entre les avenues Tony-Garnier et Debourg, près de la halle Tony-Garnier.

« La collision aurait pu être frontale , et cela aurait été encore plus violent : un accident de face à cette vitesse, cela peut être mortel. Le policier qui conduisait a heureusement eu le bon réflexe, et a réussi à limiter le choc. Un véhicule est une arme par destination », rappelle Alain Barberis, du Syndicat de police Alliance.

Deux policiers ont été blessés dans l’accident, aux cervicales et au dos, et transportés à l’hôpital.

« Quel message envoie le magistrat ? »

Après s’être rebellé, le chauffard a été interpellé. Après sa mise en examen, le juge des libertés et de la détention l’a laissé libre avant son jugement en comparution immédiate ce lundi 24 août.

« Cette décision de le laisser en liberté avant le jugement, on ne l’a pas comprise. Le chauffard a déjà été condamné, sous le coup d’un sursis, il n’a pas le permis, conduisait sous stupéfiant, il refuse d’obtempérer, blesse délibérément des policiers et on le relâche : quel message envoie le magistrat ? », interroge M. Barberis.

3 ans et 10 mois de prison

Si le prévenu s’est bien présenté à l’audience, il a bien compris que la sanction serait lourde. Libre de ses mouvements, il a préféré prendre la fuite, juste avant le prononcé de la peine.

Il a effectivement été condamné à 3 ans et 4 mois de prison ferme, auxquels il faut ajouter 6 mois de révocation de sursis d’une précédente condamnation. Un mandat d’arrêt a été délivré pour le retrouver.