Gardez-vous un bon souvenir de votre scolarité ?
Oui, dans l’ensemble, j’en garde un souvenir tendre. L’école a été pour moi un lieu de découvertes, de premières amitiés, de premières émotions artistiques aussi. Bien sûr, comme beaucoup d’enfants sensibles, j’ai traversé des moments de doute, d’incompréhension, mais ils ont contribué à me construire. Ce que je retiens surtout, c’est la chance d’avoir été entourée de personnes qui, parfois sans le savoir, ont nourri ma curiosité et mon besoin de créer.
Y a-t-il un(e) professeur(e) qui vous a marquée ?
Il y a eu une professeure qui a profondément compté pour moi. Elle enseignait la littérature et la langue, mais ce qu’elle transmettait allait bien au-delà des mots. Elle avait cette capacité rare de voir les élèves tels qu’ils étaient, dans toute leur singularité. Elle ne cherchait pas à nous faire entrer dans un moule, elle nous invitait à nous déployer. Elle avait une manière de parler des textes qui les rendait vivants, vibrants, presque musicaux. Je crois qu’elle a été l’une des premières à percevoir que, pour moi, les mots et les émotions étaient indissociables.
Je me souviens d’un jour où elle m’a demandé de lire un passage à voix haute. J’étais très intimidée, mais elle m’a dit : « Ne lis pas pour être parfaite, lis pour être vraie. » Cette phrase a tout changé. J’ai lu autrement, avec mon cœur plutôt qu’avec ma peur. Et je crois que, ce jour-là, j’ai compris quelque chose d’essentiel : l’authenticité touche toujours plus que la performance.
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Cette enseignante vous marque-t-elle encore aujourd’hui ?
Oui, profondément. Sa phrase – « Lis pour être vraie » – est devenue une sorte de mantra dans ma vie d’artiste. Je pourrais la décliner ainsi : chante pour être vraie, écris pour être vraie, aime pour être vraie. Elle m’a appris que la sincérité est une force, que la vulnérabilité n’est pas une faiblesse, et que l’émotion est un langage universel. Cette leçon m’accompagne encore aujourd’hui, sur scène comme dans la vie.
Quel est votre regard sur le métier d’enseignant ?
Pour moi, c’est l’un des métiers les plus nobles qui soient. Enseigner, c’est transmettre bien plus que des connaissances : c’est offrir des repères, ouvrir des portes, révéler des possibles. Un professeur peut changer la trajectoire d’un enfant simplement en croyant en lui. C’est un métier exigeant, souvent sous-estimé, mais fondamental pour la société. Les professeurs sont des passeurs de lumière, des artisans de l’avenir. Je leur porte une admiration immense.
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