Première exercice d’un genre classique pour le mandat de la nouvelle majorité municipale stéphanoise. Le maire Régis Juanico, accompagné de son adjointe à l’éducation Valérie Atif et du conseiller Pierrick Courbon réalisait lundi la traditionnelle tournée médiatisée d’avant rentrée des travaux estivaux réalisés dans les écoles de Saint-Etienne. Deux mois et demi après des annonces fortes dans ce domaine, qualifié de « priorité des priorités », à la fois immédiates et de long terme.

Forcément, à ce stade, c’est encore l’héritage. Celui de travaux entrepris par la précédente équipe à la tête de la Ville et son plan 2020/26 de 40 M€ de rénovation des écoles publiques de Saint-Etienne, bâti et personnel non enseignant étant sous compétence municipale. Ce lundi 24 août, le grand panneau affiché sur un mur de l’école Petit-Coin au nord-ouest de la ville donnant sur la rue Palluat-de-Besset le rappelle à propos des travaux entrepris ici depuis 2025. Ceux qui concernent la partie élémentaire – 160 élèves environ – sont achevés. Ceux de la maternelle, près de 90 enfants, pour 800 000 €, sont en cours. Ils se poursuivront les mercredis et samedis afin d’aboutir d’ici la fin de l’automne.

Avec une chaufferie commune aux deux parties mise à jour pour 100 000 €, dans les deux cas, il s’agit ici, pour l’essentiel, d’améliorer la performance énergétique des lieux – isolation thermique doublée d’un revêtement plus esthétique, menuiseries – afin de réduire la consommation (divisée par deux une fois tout achevé) et obtenir un confort accru. Hiver comme été, souligne le maire Régis Juanico. Cet été 2026 brûlant, appelé à devenir coutumier, n’est sans doute pas étranger au fait que « Petit-Coin » ait été choisie pour débuter la première tournée de la nouvelle majorité municipale autour des travaux entrepris ces deux derniers mois dans les écoles. Exercice traditionnel médiatisé à une semaine de la rentrée auquel elle ne pouvait pas déroger, d’autant qu’il s’agit là – les conditions d’éducation – de la « priorité de nos priorités », insiste Régis Juanico.

L’amélioration thermique avant tout

La tournée va se poursuivre ailleurs car, au total, 25 établissements (en distinguant maternelles et élémentaires) étaient concernés cet été par des travaux pour un total de 2 M€. L’amélioration de la consommation énergétique et du confort thermique des usagers sont largement en tête à la lecture de la liste complète même si des aménagements concernent là, la sécurité de la circulation devant les établissements et l’accessibilité PMR (Chavanelle) ; là, la végétalisation des cours de récré et l’incitation à une utilisation favorisant l’exercice physique (Cottancière, Fauriel, Villebœuf…). Là encore, l’acoustique* (école Chappe) sinon des blocs sanitaires (Terrenoire). Le meilleur « contenant » possible, c’est la principale mission d’une municipalité avec l’encadrement non enseignant. La question démographique écolière chancelante – à Saint-Etienne comme partout en France – ne manque pas pour autant d’inquiéter les élus que l’on entend demander à leurs services ce qu’il en est du lieu visité…

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Le panneau de communication sur l’école du Petit-Coin date du précdent mandat. ©If Saint-Etienne / XA

Il n’y a en effet pas que la canicule pour amener des sujets brûlants sur la table : celui du nombre des classes dans les écoles et des moyens humains accordés en 20206 / 2027 par l’Etat a bien « animé » le printemps dans la Loire… « Nous serons définitivement fixés à ce sujet mardi prochain avec l’Inspection d’académie », répond Régis Juanico interrogé par les médias. Sans donner de chiffres, pas ceux-là du moins. Pour rappel, c’est un plan de rénovation des écoles stéphanoises de 60 à 70 M€ qu’entend déployer durant le mandat la nouvelle majorité. Soit 20 à 30 M€ de plus que la précédente. De quoi mobiliser 19 à 22 % des enveloppes d’investissements municipales (en se basant sur ceux cumulés de 2020 à 2026) au rythme d’au moins 10 M€ par an. Si des projets envisagés par la précédente majorité pourraient être remis en cause, la programmation de ces travaux propres à la nouvelle, une fois toutes les consultations effectuées doit être fixée d’ici fin 2026.

L’ambition de travaux conséquents mais pas que

L’ambition a en tout cas été réaffirmée par communiqué début juin. Projet de long terme, accompagné de mesures immédiates en faveur des écoles : recrutement de 8 atsem pour cette rentrée 2026, augmentation des crédits scolaires ainsi que, progressivement, de ceux attribués à des projets pédagogiques. La gratuité – à Saint-Etienne du moins et donc assumé par le budget municipal sur une compétence métropolitaine – des transports en commun pour les élèves est en préparation pour tenter d’être appliquée en 2027 (la gratuité des transports pour les projets « savoir rouler » est, elle, effective dès cette rentrée) avant un plan de formation et de valorisation des agents ainsi qu’une cantine au 1er janvier 2027 à 0,5 € « pour les parents sans revenus, précise Valérie Atif. Les repas à un euro étant pour ceux au RSA ».

Il est paradoxal de nous faire cette remarque de pénurie d’entreprises alors que les mêmes nous ont reproché d’enlever dramatiquement du travail au BTP local avec le renoncement de la nouvelle patinoire…

Pierrick Courbon, conseiller municipal

Durant la campagne des Municipales, le candidat adjoint sortant Marc Chassaubéné s’était montré sceptique sur la nécessité d’enchaîner avec un plan si conséquent, à 60 / 70 M€, pour rénover les écoles après les 60 M€ cumulés de 2014 à 2026. Voire sur la capacité même de le mettre en œuvre : « Avec 40 M€ (20/26, Ndlr), on a déjà atteint le maximum digérable pour le calendrier des entreprises, leur interface et la gestion avec nos services ainsi que l’impact quotidien des chantiers.» Confrontée par If à cet argument, Valérie Atif reconnaît que cela a été difficile de faire assurer par des entreprises ne serait-ce que les travaux de l’été 2026 mais assure qu’aller plus loin qu’auparavant n’est pas impossible : « A nous de nous retrousser les manches et d’aller les chercher.»

Le député et conseiller municipal Pierrick Courbon ajoute : « Il est paradoxal de nous faire cette remarque de pénurie d’entreprises disponibles alors que les mêmes nous ont reproché d’enlever de manière dramatique du travail au BTP local avec le renoncement de la nouvelle patinoire par la Métropole…» La municipalité ajoute enfin un autre argument : ce n’est pas qu’une question de volume mais aussi de qualité d’aménagements. Et le qualitiatif, c »est plus cher forcément…

*Six restaurants socalires ont aussi vu des panneaux acoustiques ou dalles de faux plafond posés : Terrasse, Molina, Tarentaize, Paillon, Chappe, Francs Maçons. La liste des autres travaux réalisés cet été (tableau fourni par la municipalité) :

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