Après l’annulation in extremis du sommet censé sceller la liaison des marchés carbone britannique et européen, Londres et Bruxelles ont renoué le contact le 17 août à l’occasion d’une rencontre technique. Les deux parties visent toujours une signature avant la fin de l’année 2026, sans pour autant fixer de date.
Le 17 août 2026, le nouveau ministre britannique chargé des relations avec l’UE, Hamish Falconer, a rencontré à Londres son homologue irlandais Thomas Byrne. Une réunion technique en apparence, mais qui marque la première étape visible de la relance d’un dossier à l’arrêt depuis un mois et demi : la liaison entre les systèmes d’échange de quotas d’émission (ETS) britannique et européen. Les deux camps se disent déterminés à tenir, avant la fin de l’année, le sommet UE-Royaume-Uni censé acter cet accord.
Le rendez-vous, plusieurs fois reporté, devait finalement se tenir le 22 juillet. Il a été annulé après l’annonce de la démission de Keir Starmer, quelques jours avant l’échéance. Le président du Conseil européen, António Costa, a préféré reporter la rencontre sans nouvelle date, le temps que Londres se dote d’un chef de gouvernement garantissant la continuité du processus. Andy Burnham, ancien maire du Grand Manchester, lui a succédé le 20 juillet. Son positionnement vis-à-vis de l’UE reste encore difficile à lire pour Bruxelles.
Ce que l’accord doit résoudre
Depuis le Brexit, Londres et Bruxelles opèrent des marchés carbone séparés, aux prix parfois très divergents. L’entrée en vigueur en 2026 du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM) a durci l’enjeu : sans accord de liaison, les exportateurs britanniques risquent de payer intégralement cette charge, un coût estimé à 800 millions de livres d’ici 2030. L’accord envisagé permettrait la reconnaissance mutuelle des quotas et, à terme, une exemption réciproque des mécanismes d’ajustement frontalier.
L’idée d’une liaison remonte au sommet UE-Royaume-Uni du 19 mai 2025. Le mandat de négociation a été confié à la Commission européenne le 12 novembre 2025, pour des discussions techniques ouvertes en janvier 2026. Mais dès début juillet, les négociateurs butaient déjà sur le volume de quotas gratuits alloués aux industriels et sur le niveau des plafonds d’émissions de chaque système.
Le calendrier britannique n’attend pas
Le UK ETS s’applique déjà au transport maritime domestique depuis le 1er juillet 2026, avec une extension prévue en janvier 2027. Cette avancée unilatérale illustre le risque pointé par les industriels, notamment dans le captage et stockage de carbone : sans visibilité sur la liaison, les projets transfrontaliers de stockage en mer du Nord peinent à sécuriser leurs décisions d’investissement.
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