Par
Eloïse Aubé
Publié le
25 août 2026 à 19h02
Chaque année, c’est le même ballet. Les gens du voyage s’installent sur le territoire avec leurs caravanes. Certains sur des emplacements dédiés, d’autres de manière illicite. Et cet été 2026, les installations ont été plus nombreuses que d’ordinaire en Seine-Maritime. Pourquoi ? Et comment s’organise leur accueil ?
L’organisation de l’accueil des gens du voyage
L’accueil de cette communauté est régi par le Schéma départemental d’accueil des gens du voyage (SDAHGV) avec un « certain nombre de mesures et d’équipement à disposition et le respect de ces derniers », affirme le préfet de la région Normandie Jean-Benoît Albertini, en marge d’un point presse dédié, tout en ne niant pas « un sujet sensible et complexe ».
Complexe sur l’organisation. Chaque année, la préfecture est sollicitée, plusieurs mois à l’avance, par les pasteurs (la plupart des gens du voyage sont issus de la communauté évangélique avec à leur tête, un pasteur) pour déterminer qui va s’installer où. De là, un programme est établi. Sur les aires de grand passage, la durée maximale est de 15 jours. Pour les aires d’accueil, la durée est plus longue.
« On n’en sort pas avec un planning définitif et verrouillé », note Laurent Vasset, président de l’intercommunalité de Fécamp. « Il n’y a pas d’engagement contractuel à la fin de cette réunion. »
À titre d’exemple sur la commune de Fécamp, l’aire de grand passage, géré par un délégataire, a accueilli trois groupes cette année et deux ont annulé car « ils ne voulaient pas de ce terrain », rapporte le délégataire.
Comment est facturé cet accueil ?
Sur ces terrains, l’eau, l’électricité et les poubelles, sont facturées aux gens du voyage. La facturation, émise en fin de séjour, s’effectue selon l’occupation, la durée et le nombre de caravanes. Pour une semaine, comptez environ 20 euros par famille.
Ça, c’est lorsque l’accueil se passe bien et respecte la législation en vigueur. Mais cette année, la situation s’est avérée difficile à plusieurs reprises.
Quelques chiffres
S’agissant des aires d’accueil (plus réduites), le département en compte 20, trois restent à mettre en place, avec une capacité de 450 places existantes réparties entre Dieppe (190 caravanes), Le Havre (350 caravanes) et Rouen (32 caravanes).
Pour les aires de grand passage, trois sont créés :
– L’aire de grand passage du Havre
– L’aire de Fécamp
– L’aire d’Arcques-la-Bataille
Deux autres doivent se réaliser : aux Villes-Soeurs (Vimeu) et à Tourville-la-Rivière dont les travaux doivent démarrer en 2027.

Laurent Vasset (à gauche) président de l’agglo Fécamp Caux Littoral et Jean-Benoît Albertini (au centre) préfet de la région Normandie. (©EA/76actu)90 installations illégales
D’abord parce que les gens du voyage étaient plus nombreux que d’ordinaire. À l’été 2026, l’ensemble du département recense entre 800 et 900 caravanes.
Le rendez-vous national qui a lieu chaque année à l’Est du pays a été annulé en raison de la canicule. Puis face aux fortes chaleurs, les zones du littoral [comme la Seine-Maritime] incitent davantage la population à venir.
Jean-Benoît Albertini
Préfet de Normandie
Mais aussi parce que cette année, les installations illicites ont été plus nombreuses. 88 au total depuis le 1er juin. À l’évocation de ce point, l’agacement se fait d’ailleurs sentir chez les élus. Surtout lorsqu’on évoque « le raccordement aux bouches d’incendie », ou encore à l’électricité de la commune où le contribuable devient le payeur. D’autant que « la question de la solvabilité [de cette communauté] n’est pas toujours facile à établir ».
Ces installations débouchent parfois sur de vives tensions, où la mise à contribution des forces de l’ordre est nécessaire à l’instar de la commune des Loges, près d’Étretat, où 400 gens du voyage s’étaient installés illégalement, obligeant la municipalité à reporter des festivités.
Des scénarios que les élus souhaitent enrayer afin, comme lance le président de l’agglo de Fécamp, « vivre des étés sereins ».
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