Quel est le son de la Baie de Marseille ? Pas celui des baigneurs ou du ressac, mais celui qui se déploie sous la surface ? C’est pour répondre à cette question qu’Aurélie Darbouret a posé des micros sous l’eau.
Ancienne journaliste radio, cette doctorante en anthropologie donne à entendre une mer anthropisée. Dans Au-delà du silence, elle nous invite à « tendre l’oreille sous l’eau » durant près de 8 minutes. Cette pièce sonore se dérobe à nos sens terrestres : l’indétermination demeure. « Les sons sous-marins ne font pas partie de notre répertoire connu, à part quelques motifs très identifiés comme le chant des baleines à bosse », explique la chercheuse. Est-ce le son de la rascasse ou du mérou ? De la gorgone ? Du courant dans les herbiers de Posidonie ?
Les plongeurs eux-mêmes sont bien en peine de répondre. « Sous l’eau, le son ne parvient pas à nos oreilles de façon latéralisée. C’est difficile de savoir d’où vient un son de moteur par exemple. Les plongeurs voient surgir les bateaux au dernier moment. » Ils concentrent généralement leur attention sur la vue. Les sons alentour sont assourdis par la capuche en néoprène qui les protège du froid. Ils entendent principalement leur…