ED JONES / AFP
La commune du Porge, dont une allée est photographiée ici le 31 juillet 2026, a payé le plus lourd tribut de l’incendie en Gironde.
Face à l’émotion des habitants du Porge, le patron départemental des pompiers girondins a sorti les chiffres, mardi 25 août. La commune, qui a payé le plus lourd tribut au mégafeu de Gironde fin juillet, n’a pas « été abandonnée » a-t-il répété, lors d’un point presse consacré au bilan de « la gestion de l’incendie ».
« La montée en puissance du dispositif s’est toujours faite de manière complémentaire », a affirmé Marc Vermeulen. Selon la chronologie des moyens déployés réalisée par les autorités et distribuée à la presse mardi, il y a toujours eu plus d’engins incendie engagés au Porge que dans la commune voisine de Lège-Cap-Ferret durant les 48 premières heures, dévastatrices, de l’incendie.
« Le maître-mot c’est la transparence, c’est apporter les réponses sur cette première chronologie », a souligné le responsable des pompiers girondins, aux côtés de la préfète de Gironde Sophie Brocas, qui doit se rendre ce mercredi au Porge pour rencontrer des habitants.
Dans la commune populaire, de nombreux riverains accusent les autorités, depuis fin juillet, d’avoir sacrifié leurs maisons pour protéger la presqu’île voisine et très huppée du Cap Ferret lors du feu de Gironde. Sur les 250 maisons détruites par l’incendie, 180 sont situées au Porge, où vivent 3 500 habitants.
« Le feu est passé trois fois »
En visite la semaine dernière en Gironde, le Premier ministre Sébastien Lecornu avait réclamé aux autorités locales la tenue de réunions avec la population « pour expliquer ce qui s’est passé minute par minute, heure par heure, la nature et la qualité des moyens engagés, pourquoi tel ou tel choix tactique a été fait ».
« Le Porge a vraiment été l’épicentre du phénomène, puisqu’en fait le feu est passé trois fois », a poursuivi, mardi, le patron des pompiers girondins, avant de détailler les différentes « phases » de l’incendie.
« On a été confronté à des feux différents », passant d’un feu « très vif » avec de « nombreuses sautes » durant les premières heures le mercredi, à « une bascule » vers « un mégafeu » le lendemain, puis à « une autre bascule, inconnue jusque-là en France, avec la création du fameux pyrocumulonimbus », d’une « puissance phénoménale » le vendredi, a retracé Marc Vermeulen.
Dans un entretien au quotidien Sud-Ouest début août, le responsable avait déjà assuré qu’il n’y avait pas eu de « détournement des moyens de lutte contre le feu », rejetant la polémique d’un « abandon du Porge ». Avec 42 000 hectares parcourus, l’incendie de Gironde, fixé le 1er août, est le plus grand en superficie en France depuis 1949.