Waymo
prépare le déploiement de ses robotaxis à Munich, première vitrine
allemande de la conduite autonome. Mais pendant de longs mois, les
véhicules circuleront avec un conducteur formé au volant, le temps
de franchir une série d’étapes clés.
Ils s’appellent robotaxis, mais à
Munich, les premières voitures de
Waymo auront bien un chauffeur. Le spécialiste
américain de la
conduite autonome, filiale d’Alphabet, annonce l’arrivée de son
service de transport à la demande dans la capitale bavaroise.
Objectif : mettre en circulation des véhicules capables de se
déplacer sans conducteur dans une zone définie. Mais pour les
habitants, les premiers trajets se feront à bord de voitures
conduites à la main. Le système doit d’abord apprendre la
ville.
Un paradoxe assumé par Waymo pour poser un pied en
Allemagne sans brusquer les autorités ni les
usagers. L’entreprise parle déjà d’un service commercial de
robotaxis
Waymo visant la fin 2027, alors que Munich devient son
troisième marché international après le Royaume‑Uni et le Japon.
Entre‑temps, les voitures afficheront le logo Waymo, mais avec un
humain au volant, une longue phase de tests qui en dit long sur les
exigences fixées au futur niveau 4 autonome en Allemagne.
Waymo robotaxis à Munich : une montée en puissance par étapes
avec conducteur
L’annonce est intervenue le 25 août 2026. Waymo prévoit de
déployer à Munich sa flotte de véhicules dédiés au transport à la
demande, avant une ouverture aux passagers payants vers la fin
2027. Dans un premier temps, les modèles de robotaxi
Waymo seront « testés par des conducteurs humains »
dans les rues de la ville. Ces spécialistes conduiront les voitures
en mode manuel afin de cartographier très finement l’environnement
et de confronter le logiciel de conduite autonome aux habitudes
locales de circulation. Le travail avec les autorités locales,
régionales et fédérales a déjà démarré pour obtenir toutes les
autorisations nécessaires.
© Waymo
Waymo
débarque en Allemagne avec ses robotaxis. Avant de rouler seuls à
Munich fin 2027, ils devront encore passer par une phase de
conduite humaine.
« Munich est un pôle de mobilité et d’ingénierie de rang
mondial, et faire partie de cette ville constitue une étape
importante de notre expansion globale », déclare Tekedra
Mawakana, co-directrice générale de Waymo, citée par Carscoops. « Alors
que nous nous préparons au lancement, gagner la confiance de la
communauté est notre priorité absolue. Nous avons hâte d’investir
dans les opérations locales de flotte, de créer des emplois
hautement qualifiés et de proposer un service sûr et fiable aux
habitants comme aux visiteurs. » En arrière‑plan, Waymo
applique le même schéma qu’aux États‑Unis : d’abord la collecte de
données avec un humain au volant, ensuite la conduite autonome avec
un conducteur de sécurité prêt à reprendre, puis, seulement en
dernier, des véhicules
sans chauffeur accueillant des passagers payants.
Pourquoi les robotaxis Waymo gardent un humain au volant en
Allemagne
Depuis mi 2021, les autorités allemandes autorisent des voitures
de test autonomes sur route ouverte. Une loi adoptée cette année‑là
a fait de l’Allemagne le premier pays d’Europe à encadrer la
circulation de
véhicules sans conducteur sur la voie publique. Des groupes
comme Volkswagen ou Mobileye disposent déjà de permis pour tester
des systèmes de conduite automatisée, mais la plupart restent
limités au niveau 3, où l’humain doit rester prêt à reprendre la
main à tout moment. Waymo vise le niveau 4, c’est‑à‑dire un système
capable de gérer seul la conduite dans une zone bien définie, sans
supervision permanente du conducteur. Tant que ce niveau n’est pas
validé par l’autorité fédérale d’homologation, le
Kraftfahrt‑Bundesamt, la présence d’un conducteur de sécurité au
volant reste indispensable.
Cette prudence s’appuie aussi sur les chiffres accumulés par
Waymo dans ses zones d’exploitation existantes. L’entreprise
indique que sa flotte effectue déjà chaque semaine des centaines de
milliers de trajets, principalement dans plusieurs grandes villes
américaines. Elle revendique plus de 217 millions de miles, soit
environ 350 millions de kilomètres, parcourus en mode entièrement
autonome. Sur cette base, les véhicules équipés du système de
conduite Waymo Driver auraient connu 16 fois moins
d’accidents
avec blessés graves que les conducteurs humains, et 14 fois
moins de collisions avec des piétons entraînant des blessures. Ces
résultats servent d’argument pour obtenir un feu vert réglementaire
au niveau 4 à Munich, mais d’ici là, les robotaxis de Waymo
continueront d’avancer avec un humain au volant, au moins pendant
toute la première phase de leur histoire allemande.