Sans armée permanente, cette île membre de l’OTAN s’appuie historiquement sur la protection américaine, mais le contexte géopolitique incertain pousse Reykjavik à réévaluer ses options stratégiques.

Sur le plan économique, si cette nation de 400.000 habitants bénéficie déjà du marché unique via l’Espace économique européen (EEE), elle fait face à une forte volatilité monétaire, des taux d’intérêt élevés et une inflation persistante. L’adoption de l’euro est mise en avant par le gouvernement comme un facteur de stabilité financière.

À l’inverse, les opposants soutiennent que l’adhésion n’apporterait pas de réponse aux spécificités économiques locales et se traduirait par un abandon d’autonomie. La pêche ? 10 % du PIB et 40 % des exportations ? demeure le principal point de friction, un demi-siècle après la dernière « guerre du cabillaud » avec les Britanniques. Lors des précédentes négociations avec l’UE, le volet consacré à la pêche n’avait même pas été abordé.

« La pêche est inscrite dans notre ADN, elle fait partie intégrante de notre indépendance. Il est tout à fait inacceptable que nous devions partager nos ressources halieutiques avec d’autres pays. Nous ne l’accepterons pas », a déclaré Gudrun Hafsteinsdottir, la présidente du Parti de l’indépendance (centre-droit), à l’agence Reuters. Les autres partis de l’opposition sont également opposés à l’adhésion.

Très serré selon les sondages, le scrutin ne scellera pas immédiatement l’intégration du pays. En cas de victoire du « oui », les négociations s’ouvriront, mais un second référendum sera organisé sur l’accord final ? une exigence du Parti populaire (gauche populiste), membre de la coalition gouvernementale.

« Les citoyens doivent considérer ce référendum comme une opportunité, et non comme une décision définitive », a expliqué la Première ministre Frostadottir à l’AFP.

Le gouvernement espère trancher le débat avant les prochaines élections de 2028. Reykjavík bénéficie d’un acquis solide : 11 des 33 chapitres de négociation avaient déjà été clôturés lors de la précédente tentative.

Pour lever le principal blocage, les discussions s’ouvriraient d’emblée sur le volet maritime. « Le Royaume-Uni ne faisant plus partie de l’UE, nous abordons les discussions en meilleure position et face à une Union plus compréhensive », selon la ministre des Affaires étrangères Katrín Gunnarsdóttir, sur la chaîne nationale RUV.

De son côté, la commissaire européenne à l’Élargissement, Marta Kos, s’est dite ouverte à des « solutions créatives » adaptées au secteur halieutique et agricole islandais, estimant qu’un accord pourrait aboutir d’ici un à deux ans.