Le géant technologique a aussi accepté un certain nombre de modifications sur ses plateformes, notamment de poser des limites quotidiennes par défaut pour les adolescents.
Coup de théâtre dans le procès qui oppose Meta et une trentaine d’États américains au sujet de l’addiction des mineurs à Facebook et Instagram. Le procureur général du Colorado, Phil Weiser, l’un des quatre à plaider contre le géant technologique devant le tribunal fédéral d’Oakland (Californie), a annoncé que les deux parties ont trouvé un accord à l’amiable. Meta, qui risquait jusqu’à 200 milliards de dollars de pénalités dans ce procès, a accepté de verser jusqu’à 16,8 milliards de dollars aux États. Le géant de Menlo Park a également consenti à imposer des limites quotidiennes par défaut et des blocages nocturnes pour les adolescents utilisant ses plateformes de médias sociaux ainsi qu’un renforcement du contrôle de l’âge sur ses deux plateformes phares. Cet accord à l’amiable met fin à toutes les procédures visant Meta aux États-Unis pour ce chef d’accusation.
Le procès d’Oakland marque l’aboutissement d’un bras de fer engagé par la lanceuse d’alerte Frances Haugen contre Meta à l’automne 2021. L’ex-ingénieur salariée de Facebook avait fait fuiter des milliers de documents internes, prouvant que l’entreprise avait connaissance des dégâts causés par ses réseaux sociaux sur la santé mentale des adolescents, en particulier des jeunes filles. Ces révélations avaient déclenché une enquête conjointe de dizaines d’États américains, débouchant deux ans plus tard sur la plainte d’une trentaine de procureurs généraux. Meta était accusé par cette coalition d’États de collecter illégalement des données d’enfants de moins de 13 ans, de concevoir des réseaux sociaux délibérément addictifs et d’induire les internautes en erreur quant à leur sécurité. Il a déjà été condamné à deux reprises cette année par des tribunaux étatiques pour les effets néfastes de ses services sur les jeunes.