Les travaux s’accumulent sur les voies parmi les plus empruntées de la Bretagne. La RN12, la RN165 mais aussi la RN24 et la rocade de Rennes vont connaître des travaux importants en cette rentrée, parfois jusqu’en novembre. Comment expliquer cette temporalité, qui peut sembler contre-intuitive ? Matthieu Jouvin, chef de service adjoint au service entretien et modernisation du réseau de la Diro, explique qu’en matière de travaux d’enrobés, l’année se découpe en quatre temps.
Pause estivale
« Il y a une trêve pendant l’été, nous évitons cette période pour ne pas provoquer des bouchons trop importants avec les vacanciers », précise le professionnel. La fréquentation des routes augmente pendant la période estivale, malgré la baisse des trajets domicile-travail, notamment sur la RN165 (+ 15 % en juillet et août, dans le Morbihan, en 2025), qui longe le littoral breton, dans le Morbihan et le Sud-Finistère.
Les périphériques suivent une logique différente. Ils sont parfois moins empruntés en août. Cette période peut donc être propice à des travaux d’aménagement sur ces tronçons. Mais si le périphérique nantais connaît bien une phase de lourds travaux cet été, pour se poursuivre jusqu’en octobre, la rocade de Rennes, elle, connaîtra de lourds travaux au niveau de Saint-Grégoire et Montgermont, dès lundi 31 août. « Le chantier se déroulera de nuit, puisque la rocade est très fréquentée ! Pour les trajets professionnels, ces travaux seront quasi-transparents », se défend le chef de service.
Une autre période n’est pas propice aux travaux d’enrobé, qui se travaille à chaud, c’est l’hiver. « En dessous des cinq ou dix degrés, il y a un risque pour le bon fonctionnement d’un chantier. » Cette contrainte technique empêche les travaux d’ampleur, de novembre jusqu’en mars. « Sauf urgence évidemment, où nous pouvons faire des »purges », c’est-à-dire intervenir sur de petites portions de route », nuance-t-il. « D’ailleurs, les centrales d’enrobés profitent souvent de cette période pour être en maintenance ! »
Pendant l’hiver, les effectifs de la Diro sont aussi mobilisés sur la viabilité des voies, notamment le salage des routes, ce qui rendrait difficile de tenir un chantier en continu.
« Il n’y a pas de pénurie annoncée »
Le climat ou la hausse de la fréquentation ne sont pas les seuls aléas. Les conflits internationaux, comme celui qui oppose les États-Unis et l’Iran et sa conséquence, le blocage du détroit d’Ormuz, peuvent être déterminants. Des travaux ont notamment été reportés en raison des « (…) difficultés d’approvisionnement et de la hausse des prix des matières premières et de l’énergie, dans le contexte international », indiquait la Diro, le 2 avril, pour un chantier au niveau de Briec (29), entre Châteaulin et Quimper. « Un autre chantier, prévu en mai, aux abords de Saint-Brieuc, a même été différé à l’année prochaine », indique Matthieu Jouvin.
Le professionnel reste optimiste : « Il n’y a pas de pénurie annoncée. Nous nous estimons heureux que 2026 n’ait pas été davantage affectée ! Mais les prix de certains chantiers vont être réévalués ». L’employé de la Diro estime entre 5 et 15 % l’augmentation des coûts pour certains travaux. « Le bitume, qui est le liant de l’enrobé, est un dérivé pétrolier, il est donc lié au coût du baril mais il ne représente que quelques pourcentages du mélange », rassure-t-il.