Les écoles de Rennes sont-elles prêtes pour la prochaine canicule ? La question s’impose en cette rentrée à la maire Nathalie Appéré. En juin, l’année scolaire 2026 s’était terminée sur une véritable crise, alors que Rennes affrontait la vague de chaleur la plus intense de son histoire, avec 42° à l’extérieur. D’abord ouvert, près d’un tiers des établissements avait finalement été fermé pour protéger les enfants des températures intenables dans les salles de classe. Une gestion critiquée par une partie des profs et des parents, dénonçant une impréparation de la municipalité.
« Tout n’a pas été parfait », reconnaît l’édile ce mercredi 26 août, lors de sa traditionnelle conférence de presse de rentrée. En soulignant, au passage, que de nombreuses communes de France se sont retrouvées dans la même situation. Dans moins d’une semaine, les 14 500 élèves des écoles publiques de Rennes remettront leur cartable. L’infernal été 2026 n’est pas tout à fait terminé et pourrait encore réserver de mauvaises nouvelles. Il augure en tout cas d’une nouvelle réalité climatique qui pousse la Ville à aller plus vite dans l’adaptation des 89 établissements dont elle a la charge.
Quatre écoles testent des solutions de rafraîchissement
Mais comment faire, face à l’ampleur du chantier ? D’abord, « essayer de voir ce qui marche le mieux et ce qu’on peut faire le plus vite et le moins cher. » Ainsi, des mesures sont testées dans quatre écoles* rennaises. Film solaire sur les fenêtres, dispositifs d’ombrages, installations de volets… Des solutions que la municipalité espère déployer dans les établissements prioritaires avant l’été prochain. 107 climatiseurs mobiles et 30 rafraîchisseurs ont été acquis ces dernières semaines. D’autres sont attendus.
Autre piste : modifier les rythmes scolaires en cas de canicule. Faut-il, par exemple, avancer le début des leçons et ne plus faire cours l’après-midi quand il fait trop chaud ? Sans toucher à la semaine de 4,5 jours, Nathalie Appéré s’était déjà engagée à rouvrir le débat sur l’organisation des temps lors des municipales de mars dernier. Désormais, elle souhaite inclure un volet sur l’adaptation des horaires lors des vagues de chaleur dans cette discussion qui doit associer parents, profs et Éducation nationale.
Adapter les rythmes scolaires lors des canicules ?
L’équation s’annonce difficile, selon la patronne de l’Hôtel de Ville : « La mise en œuvre des changements de rythme scolaire est particulièrement complexe. Les familles ont leur propre organisation. Nos agents ont aussi leurs impératifs. Un dialogue social est nécessaire. Toucher ne serait-ce qu’à cinq minutes a un impact considérable sur un grand nombre de personnes. » Les modalités de cette concertation doivent être fixées dans les prochains mois, sans calendrier précis pour l’heure.
À moyen terme, il y a aussi la rénovation des bâtiments. Là, c’est la réalité budgétaire des communes, à qui l’État demande des économies, qui s’impose. En ce qui concerne Rennes, les comptes sont dans le rouge. Malgré ces difficultés, Nathalie Appéré a promis, lors de la campagne, un grand plan de réhabilitation du patrimoine municipal. 35 millions d’euros sont déjà fléchés vers les écoles sur les prochaines années. Faut-il appuyer sur l’accélérateur ? « Je serais ravie de pouvoir aller plus vite encore mais comment finance-t-on ? », se défend-elle. « Le gouvernement a drastiquement réduit le Fond vert auquel les communes peuvent faire appel. On ne peut pas s’extraire comme ça de cette contrainte. »
La climatisation des écoles, un dernier recours
Quid de la clim ? La Ville vise à garantir un à deux espaces rafraîchis dans chaque établissement. Mais l’option d’un déploiement massif est fermement écartée. « Climatiser toutes les classes n’a pas de sens », tranche l’édile. « La climatisation repose sur le fait de rejeter l’air chaud à l’extérieur. Cela augmente en moyenne la température de 1,5 à 2 degrés à l’extérieur. Et puis on ne va pas climatiser les cours de récréation, ni les chemins qui mènent à l’école. » Priorités aux autres solutions, avec la clim en dernier recours pour les établissements où aucune autre n’est possible.
Face à cette accumulation d’obstacles, la maire affiche un objectif : « Être mieux préparés en mai 2027 que nous l’étions un an auparavant ». Une ambition somme toute modeste qui risque fort de susciter l’impatience des profs et des parents. Nathalie Appéré défend sa méthode : « Une stratégie de transition se fait sur le temps long, avec des moyens. La nôtre est robuste et ancienne, nous ne partons pas de rien. Il faut organiser les choses. Et garder la tête froide. »
* Sonia Delaunay, Jean Rostand, Robert Doisneau et Jules Isaac