Posted On 27 août 2026
En l’espace de trois jours, le groupe d’opposition Réconcilier Grenoble a saisi le procureur de la République de Valence, mais aussi la maire de Grenoble Laurence Ruffin, ainsi que la préfète de l’Isère. Et ce pour 2 dossiers qui traitent d’une question qui hante l’Hôtel de Ville depuis l’ère Piolle : où s’arrête l’argent public, où commence l’intérêt personnel des Verts ?
L’AFFAIRE PIOLLE/MARTIN ET LES JOURNÉES D’ÉTÉ DES ÉCOLOS
Le premier courrier interroge le silence de la justice sur l’affaire Piolle-Martin. Le second questionne l’usage de l’école des Trembles et des salons de l’Hôtel de Ville pour recevoir la cheffe des Écologistes Marine Tondelier. Deux dossiers distincts, mais dans les faits, on retrouve le même genre de confusion, entretenue depuis douze ans, entre l’intérêt de la collectivité et celui d’un parti des Verts qui s’y croit chez lui.
L’ÉCOLE DES TREMBLES ET LES SALONS DE L’HÔTEL DE VILLE AU SERVICE DU PARTI
Le 18 août, Marine Tondelier visite l’école des Trembles, en présence de Laurence Ruffin. Deux jours plus tard, les salons de l’Hôtel de Ville accueillent l’ouverture des Journées d’été des Écologistes. Une école publique et un hôtel de ville : deux lieux financés par les Grenoblois, mobilisés en 48h pour la vitrine d’un parti. Réconcilier Grenoble, par la voix du conseiller d’opposition Pierre-Edouard Cardinal, demande si cette mise à disposition « a fait l’objet d’une facturation » et, le cas échéant, « son montant ainsi que le tarif appliqué ». Pour l’heure, silence.
Marine Tondelier avec Laurence Ruffin et les adjointes vertes Margot Belair et Léonie Marcoux. à l’école des Trembles.. ainsi que pléthore d’élus locaux n’ayant rien à voir avec Grenoble. Avec l’argent des contribuables ?
UN HÉRITAGE REVENDIQUÉ ET DES ÉLUS INCHANGÉS
Faut-il s’étonner que Laurence Ruffin ait ouvert si largement les portes de sa mairie au parti qui l’a portée au pouvoir ? Adoubée par Éric Piolle, elle gouverne avec une majorité où siègent nombre de ses anciens élus. La continuité n’est pas seulement idéologique, elle tient à la composition même de son conseil qui compte de nombreux apparatchiks EELV à commencer par Margot Belair et Olivier Bertrand, déjà élus sous Piolle et cadres nationaux du parti. Ce qui n’excuse en rien le fait de mettre le patrimoine de tous les Grenoblois et les moyens des contribuables au service de la comm’ des écolos !
Place Gre’net.
L’ACCUSATION DE CONCUSSION, UN DOSSIER QUI DORT DEPUIS 2 ANS
Sur l’autre affaire objet d’un courrier de Réconcilier Grenoble, il faut rembobiner jusqu’en juin 2024. Le Canard enchaîné révèle qu’Enzo Lesourt, ex-collaborateur du cabinet Piolle, aurait obtenu dès 2016 une augmentation mensuelle de 600 euros, à charge d’en reverser chaque mois 400 en espèces à Élisa Martin (LFI), alors première adjointe. Le parquet de Grenoble ouvre une enquête préliminaire pour concussion et recel, puis le dossier est dépaysé à Valence. Éric Piolle n’a jamais démenti ces faits, se contentant de déclarer : « je ne pense pas que ça soit les faits tels qu’ils se sont passés ».
LA FÊTE DES TUILES, LE PRÉCÉDENT QUI NE RASSURE PAS
Depuis, rien de nouveau. Le silence judiciaire de la juridiction de Valence n’est malheureusement pas une surprise. En 2018, une enquête visait Éric Piolle dans l’organisation de la Fête des Tuiles. Dépaysée à Valence, elle avait été enterrée ce qui permettait opportunément au Maire sortant candidat à sa réélection de passer les municipales de 2020. Il avait finalement été condamné, en septembre 2023, pour favoritisme. 5 années de procédure pour y parvenir. Le même parquet de Valence, avec le même procureur (Laurent de Caigny), instruit aujourd’hui l’affaire Piolle-Martin. Et nous en sommes déjà à 2 ans de procédure…
Place Gre’net.
RÉCONCILIER GRENOBLE, SEULE VOIX À EXIGER DES COMPTES
Face à cette opacité, seul le groupe d’opposition Réconcilier Grenoble hausse le ton. Pierre-Edouard Cardinal exige la communication des documents relatifs aux journées d’été, tandis que Thierry Aldeguer interpelle de son côté le procureur de Valence sur la lenteur de l’affaire Piolle/Martin. Tout simplement la juste exigence de transparence que l’on est en droit d’attendre de la part des élus de la majorité municipale.
DES GRENOBLOIS TENUS À L’ÉCART DE LEURS PROPRES DENIERS
Car derrière tout cela, il y a des Grenoblois qui paient. Ce sont eux qui financent l’école des Trembles, les salons de l’Hôtel de Ville, le salaire des collaborateurs de cabinet. Ce sont eux qui ignorent depuis plus de 2 ans si leur ville a été « lésée », pour reprendre les mots de Thierry Aldeguer, par un système présumé de rétrocessions occultes. Ni la facture d’un événement partisan ni l’avancement d’une enquête pour concussion ne devraient rester des secrets. Le contribuable grenoblois n’a pourtant droit qu’au silence.
TG+ : l’affaire Piolle-Martin fait qu’il est devenu pestiféré pour les Verts… pendant que la justice traine.
UNE EXIGENCE DE TRANSPARENCE SANS CONCESSION
Que l’on juge finalement irréprochable ou fautive l’utilisation de l’école des Trembles et des salons de l’Hôtel de Ville, que le parquet de Valence classe ou poursuive le dossier Piolle-Martin, une chose demeure : les Grenoblois ont le droit de savoir. C’est tout l’objet de la démarche de Réconcilier Grenoble, qui ne réclame la simple application du droit à l’information, une exigence qui tranche avec le confort du silence choisi par une majorité toujours plus prompte à communiquer et à donner des leçons aux autres qu’à rendre des comptes sur ses propres actions.