Samedi, des visiteurs de la réserve tropicale drômoise, la Ferme aux crocodiles de Pierrelatte, ont alerté le personnel vétérinaire, incrédules : sous leurs yeux, dix crocodiles du Nil étaient en train d’éclore, sans aucune assistance humaine.
« Pour la première fois, on a eu une incubation qui s’est passée à 100 % dans des conditions naturelles », raconte le gérant-vétérinaire de la Ferme, Samuel Martin.
Mais « la belle émotion » partagée par le public et l’équipe vétérinaire a rapidement été balayée par l’inquiétude, le « déroulé naturel inédit » de ces naissances étant avant tout « un marqueur du changement climatique », selon Samuel Martin.

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Les canicules de cet été ont créé les conditions idéales permettant à cette espèce subtropicale de se reproduire naturellement

En effet, pour qu’un crocodile du Nil se développe et naisse, son œuf doit être maintenu constamment dans une température comprise entre 30 et 32 °C, pendant trois mois.
Lors d’étés classiques, les nuits sont plus fraîches, obligeant le personnel vétérinaire à récupérer les œufs afin de les placer dans des incubateurs.

Cette année, les canicules à répétition ont créé les conditions idéales permettant à cette espèce subtropicale de se reproduire naturellement dans un sable conservant la chaleur du jour.
Les dix petits se portent tous « très bien », même s’ils font l’objet d’une surveillance active en nurserie avant d’être officiellement présentés au public.

Mais si ces espèces originaires « de pays très chauds se sentent bien », « il est possible que des espèces de milieux plus tempérés aient plus souffert », relève Samuel Martin.