Angela Davis telle une rock star

Le 10 mai 2015 reste synonyme de grands frissons. Ce jour-là, Angela Davis, philosophe américaine, militante antiraciste et ancienne membre des Black Panthers, est l’invitée d’honneur de la Ville de Nantes à la faveur de la 10e édition de la Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions. L’icône ponctue son déplacement en assistant à la projection de Free Angela, documentaire de Shola Lynch qui lui est consacré, au Cinématographe. Salle comble. C’était un public comme pour une rock star, sourit Emmanuel Gibouleau, directeur de l’association. Angela Davis a fait un discours énorme. Un monument.

photo angela davis, lors de sa venue à nantes, en mai 2015.  ©  photo archives presse océan-olivier lanrivain

Angela Davis, lors de sa venue à Nantes, en mai 2015. Photo archives Presse Océan-Olivier Lanrivain

Une heure de pur bonheur… à respirer le cigare de Chabrol

Année 2009. Une rétrospective de l’œuvre de Claude Chabrol est programmée. Le cinéaste débarque en voisin du Croisic. La salle était noire de monde et ça a été un bonheur de passer la journée avec Claude Chabrol et sa femme, savoure Emmanuel Gibouleau. On n’a pas réussi à lui payer son billet de train, il ne voulait pas être remboursé. Par contre, je les ai ramenés le soir en voiture au Croisic. Une heure de voiture avec Chabrol fumant le cigare, je peux vous dire que c’est inoubliable. C’était vraiment un homme à la hauteur de sa réputation, d’une rare gentillesse…

Une séance de démontage de fauteuils avec une clé à pipe

Autre moment gravé dans les mémoires : la séance de démontage des fauteuils de la salle – pour remplacement complet – durant l’été 2008. On était mi-juillet, relate Emmanuel Gibouleau. À cette époque, normalement, on ne fait pas grand monde. Là, c’était plein à craquer surFog, un film de Carpenter, parce qu’une fois acheté son ticket, si on venait avec sa clé à pipe 12, on pouvait repartir avec son fauteuil de ciné.

 Aucune tête ne dépasse » durant les séances jeune public

Catherine Cavelier, coprésidente de l’association à la tête du Cinématographe, le confie volontiers : il y a une image forte qui lui manquera une fois le déménagement du cinéma réalisé, du fait de la configuration différente des futures salles. Aujourd’hui, quand vous êtes dans le fond de la salle et que vous n’avez que des tout-petits, aucune tête ne dépasse, vous avez l’impression qu’il n’y a pas un chat dans la salle alors qu’elle est pleine, indique-t-elle. J’adore ce moment. Ensuite, dès que le film commence, on se rend compte qu’il y a du monde ! Surtout qu’il y a une accumulation de poussettes dans les escaliers…

photo à la caisse du cinématographe, lors d’une des séances du 25 août 2026.  ©  photo presse océan-thierry butzbach

À la caisse du Cinématographe, lors d’une des séances du 25 août 2026. Photo Presse Océan-Thierry Butzbach

« Nanouk l’esquimau » sous une couverture

Un hiver, le chauffage du ciné a claqué. Certaines séances se sont jouées sous plaids et couvertures, rembobine Catherine Cavelier. L’une de ces projections est entrée au panthéon des souvenirs marquants : On a projeté le film ’’Nanouk l’esquimau’’ devant un parterre de personnes pelotonnées sous leur couverture. C’était quand même amusant à vivre… ».

photo valentin sales, chef de cabine, est l’un des projectionnistes du cinématographe.  ©  photo presse océan-thierry butzbach

Valentin Sales, chef de cabine, est l’un des projectionnistes du Cinématographe. Photo Presse Océan-Thierry Butzbach