Drone-Greffe

Crédit : Ville du Loroux-Bottereau

Chez Delivrone, « on considère que le drone peut aider à sauver des vies ! » La technologie développée par la start-up normande est utilisée aujourd’hui par les établissements de santé, pour fluidifier le transport entre hôpitaux, réduire le temps d’attente aux urgences, en permettant d’analyser plus rapidement des prélèvements bioloques (prises de sang), mais aussi pour livrer des médicaments, des défibrillateurs… et bientôt des greffons.

A la base, la société n’était pas spécialisée dans le transport médical, rappelle Gautier Dhaussy, le co fondateur de la société basée en Seine Maritime : « quand on a commencé à travailler sur la logistique au sens large et par drone, on a plutôt travaillé sur des produits de grande consommation, une livraison de plats préparés ou autres. Et suite à une démo, on a été contacté par le service d’urgence du SAMU de Rouen. La prise de contact était challengeante parce qu’ils nous ont dit « Le burger ne nous intéresse pas, mais si vous voulez sauver des vies, appelez-nous.« 

 

Le drone peut permettre de sauver des vies !

 

Dans la région des Pays de la Loire, une expérimentation est menée depuis cet été pour un transfert de greffons, précisément entre le CHU de Nantes et l’Hôpital de La Roche sur Yon. Au-delà de gagner du temps, le drone offre bien des avantages selon Gautier Dhaussy. « Le premier avantage, c’est la réactivité. Le drone étant stationné devant l’établissement de santé, il est prêt à partir, il est au service de l’établissement de santé.

Le deuxième, c’est le gain de temps. Si la voiture part en même temps que le drone, le drone est a minima du minima deux fois plus rapide. Et si on considère des zones plutôt urbaines, on va être cinq, six, sept fois plus rapide que la voiture. Le facteur temps est significatif et a un impact sur la prise en charge patient.

Le troisième bénéfice est économique. On n’est pas plus cher que la voiture voire on est souvent moins cher que la voiture ou que la logistique traditionnelle, et puis la quatrième raison est écologique, c’est-à-dire que le drone est extrêmement léger et on va éviter 95% des émissions de CO2 liées au transport. »

Réactivité, coût, écologie, le drone offre des avantages et a finalement peu d’inconvénients, pour Gautier Dhaussy. « Le principal inconvénient, c’est le changement, c’est-à-dire que c’est une nouvelle façon de travailler.

 

Les équipes devront changer d’organisation

 

Faire adhérer les équipes à cette nouvelle façon de travailler au service du patient, il est là le principal challenge. Changer d’organisation et passer d’une logistique « routière » bien huilée, à un nouveau système d’organisation de santé qui a des impacts à la fois sur pas mal de sujets, de la formation etc. Comme d’autres révolutions, c’est une nouvelle façon de travailler. »

Au CHU de Nantes, un protocole scientifique inédit a été établi, selon Gautier Dhaussy. « Cette première phase de démarche scientifique a été réalisée début juillet, avec une phase pré-clinique, avec un rein qui sert pour de la recherche. On est dans une dimension de recherche pour qualifier et mesurer quel est l’impact sur un tel rein de ce nouveau mode de transport, quelles sont les caractéristiques ?

 

Un rein de recherche

 

Est-ce que ce mode de transport va permettre de le transporter dans les bonnes conditions, est ce qu’il y a un impact positif sur la greffe ? Il y a un suivi de tous les indicateurs de température, évidemment… Toute cette démarche-là très scientifique est faite avant de passer sur une phase clinique pour une greffe réelle sur un patient. »

Les résultats de cette expérimentation sont « très prometteurs », et un trajet réél sera réalisé dans les mois à venir. Un challenge enthousiasmant et excitant pour les équipes de Délivrone, qui compte une vingtaine de salariés.

Le coût de ce drone « ultra-technologique » s’éleve à plusieurs dizaines de milliers d’euros, il peut transporter jusqu’à 3 kg maximum et aller à une vitesse moyenne de 110 à 120 km/h.

(*) Délivrone est leader en Europe sur cette actvité avec le plus de couloirs de vols ouverts en opération réelle.