Une silhouette gonflable gigantesque, robe à pois et coupe au carré rouge, agrippée à l’immeuble d’une boutique Vuitton. Début 2023, pour promouvoir sa collaboration avec l’artiste japonaise Yayoi Kusama, Louis Vuitton a installé dans Paris plusieurs statues monumentales à son effigie, la plus spectaculaire d’entre elles sur l’avenue Georges V. Yayoi Kusama avait 94 ans à l’époque, sa disparition a été annoncée ce jeudi 27 août, elle en avait 97.
Pour Louis Vuitton, Yayoi Kusama a réalisé près de 400 pièces qui compteront donc parmi ses ultimes travaux et a même accepté de prendre la pose, elle qui ne quittait que très rarement l’établissement psychiatrique dans lequel elle était internée à sa demande depuis les années 1970. L’artiste était sujette à des hallucinations qui ne lui laissaient aucun répit et l’ont menée à peindre et à « tout recouvrir de pois » pour mettre fin à son angoisse.
Dans les rues de la capitale, impossible d’échapper aux visions hallucinantes de la « reine des pois », motif symbole d’infini qui a été l’obsession de sa vie et l’origine d’un succès de plus d’un demi-siècle. Outre l’avenue Georges V au mois de janvier, une statue monumentale a été érigée fin février, décorant, pinceau à la main, le bâtiment de la Samaritaine, tandis que, dans la boutique de la place Vendôme, un robot animatronique, toujours à son effigie, dessine des points sur la vitrine.
Mauvaise surprise pour la ville de Paris
La campagne de communication se justifiait par un intérêt artistique indéniable. Yayoi Kusama a toujours fait de son apparence une composante de sa pratique, une vitrine. Et l’apparition soudaine de scènes démesurées, de nonagénaires géantes aux cheveux rouges, de bâtiments recouverts d’une infinité de pois tout droit sortis d’un rêve fiévreux, a offert à ceux qui se sont promenés dans Paris à ce moment-là un bref aperçu de l’univers hallucinatoire dans lequel elle a, toute sa vie, été plongée.
Mais il a fallu qu’une coquetterie commerciale ternisse le tableau, un excès dans une campagne déjà démesurée. LVMH, qui avait transmis à la ville de Paris son projet de statue colossale de 15 mètres de haut devant la Samaritaine dans sa demande d’autorisation d’occupation de l’espace public, a ajouté un détail imprévu : un sac géant, estampillé du logo de la marque, au bras de l’artiste. Après la plainte d’élus du Conseil de Paris, écologistes en particulier, et la visite d’un inspecteur, le sac de la discorde avait dû être retiré par la maison de luxe.
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