Ne cherchez pas la ligne C, elle n’est pas au programme. Plus petite ville du monde à se doter d’un métro en 2002, Rennes n’a pas prévu de construire de troisième ligne. Après la mise en service, non sans mal, de sa ligne B en 2022, la capitale bretonne a préféré opter pour quatre lignes de trambus qui intégreront le réseau Star exploité par Keolis. Les raisons sont connues. D’abord parce que ces bus à haut niveau de performance sont bien moins chers : environ 250 millions d’euros pour 55 km cumulés, contre 1,5 milliard pour les seuls 14 km de la ligne B du métro.
L’autre raison, c’est la rapidité à laquelle la solution a pu être développée. Validée en 2020, l’option trambus devrait être opérationnelle fin 2027 et début 2028 pour deux des quatre lignes, avant une livraison finale en 2030. A un an de la livraison de la ligne T2, qui reliera Cesson-Sévigné à Vezin-le-Coquet, la métropole a dévoilé ce jeudi l’identité visuelle de ces bus électriques. Sans révolution apparente, même si tout se cache dans les détails. Voici leur portrait.
Un design extérieur sans grande folie
On s’attendait à un nez profilé, façon TGV japonais. On espérait un look futuriste. On ne va pas vous le cacher, on était un brin déçu en voyant la silhouette rectangulaire du futur trambus. « C’est un bus », tranche un confrère. « C’est vrai que le véhicule peut sembler familier. Mais pour l’usager, ce sera vraiment différent, ce sera une nouvelle option dans l’offre de transport en commun. Quelque part entre un métro et un bus », commente la présidente de Rennes métropole, Nathalie Appéré.
L’intérieur des futures lignes de trambus de Rennes est un mélange des design des bus de Keolis et de la ligne B du métro. - Graphibus et Atelier XB
Pas de folie, vous dites ? La maire s’explique. « Nous avons préféré faire le choix d’un véhicule fiable, performant et confortable plutôt que de faire un choix de design ».
Le choix du made in France
Les fameux trambus sont actuellement fabriqués dans la Meuse par la société Daimler Buses. Un choix du made in France couplé à une raison écologique. Les véhicules seront 100 % électriques et dotés de batteries fabriquées en Allemagne présentant un taux de recyclabilité de 94 %. Des véhicules prévus pour durer dix-huit ans qui ont en plus l’avantage d’être compatibles avec le système de recharge aérien déjà déployé pour les bus de sa filiale Mercedes. Précision importante : les 80 trambus commandés – pour un peu moins d’un million d’euros l’unité – seront tous équipés de la climatisation.
Du bleu pour les reconnaître
La métropole a opté pour un habillage extérieur bleu dégradé qui n’existait pas sur le réseau, avec un rétroéclairage nocturne. L’objectif est clair : se distinguer et être visible. C’est plutôt stylé sans pour autant être tape à l’œil. « Il doit être identifiable. Avec cette couleur, les voyageurs pourront facilement le repérer », prévient Eric Diserbeau, directeur des transports à la métropole. A l’intérieur, du bleu pour les sièges, mais aussi le même jaune que dans la ligne B du métro.
Le tracé des quatre futures lignes de trambus pourrait encore évoluer à la marge à Bruz et Saint-Grégoire. - Rennes Métropole
L’accent a été mis sur l’accessibilité, notamment des personnes âgées, fragiles ou en situation de handicap, avec entre autres le choix de barres blanches pour s’accrocher plutôt que de couleur inox. Sur les quais, la montée des fauteuils et des poussettes sera également facilitée. Autre avantage : « les sièges seront plus moelleux, nous les avons testés », poursuit le directeur.
Des montées par toutes les portes
La grosse différence par rapport aux bus actuels sera notable lors des montées et des descentes de voyageurs. Alors que la montée par l’avant est obligatoire dans les bus, elle sera possible par les quatre portes des trambus. En circulant sur des voies dédiées (60 % des cas) ou comme véhicule prioritaire, le trambus devrait afficher une régularité inégalable par un bus classique.
La métropole fait la promesse d’un trambus toutes les quatre à huit minutes en heure de pointe. L’amplitude horaire de ces lignes sera également plus proche du métro que des lignes urbaines. « Et les lignes seront adossées à des parkings-relais. Ce sera un vrai service supplémentaire pour les automobilistes », ajoute Valérie Faucheux, vice-présidente déléguée aux mobilités.